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Garkuwa N° 04 - du 4 au 10 Février

Sommet de l’U.A. : Pas de « Tazarce » pour Kadhafi

dimanche 7 février 2010

Le président de la Jamahiriya libyenne arabe et populaire doit fulminer pendant encore un bon bout de temps, avant de se calmer. En effet, le guide libyen était très fâché contre ses collègues chefs d’États, à l’occasion du sommet de l’Union Africaine, qui se tenait à Addis-Abeba. Les chefs d’États et de gouvernements des 53 pays Africains ont opposé une fin de non recevoir à la requête du guide d’El Fatah, qui dans sa boulimie du pouvoir, a souhaité rempiler pour un deuxième mandat à la tête de l’organisation Africaine, en violation aux textes de l’UA. Le sulfureux président libyen voit ainsi son rêve de présider l’Afrique s’effondrer. Tous les efforts qu’il déployait, depuis la transformation de l’OUA en UA en 1999, pour contrôler les pays Africains, ou du moins leurs présidents, viennent d’être réduits en poussière. Du coup, Kadhafi souhaite la mort de l’organisation dont il a été le principal artisan de la création, en la critiquant de toute part. « Le roi des rois », comme il se fait appeler, s’en est pris à la commission de l’UA, qui selon lui a concentré tous les pouvoirs au détriment du président en exercice, dont la fonction n’est que protocolaire. Il s’en est aussi pris aux chefs d’États dont il a qualifié les sommets de désormais ennuyeux, et auxquels, il a juré de ne plus participer. En réalité c’est aux chefs d’États de l’Afrique australe que le guide libyen en veut à mort. Eux qui, avaient déjà refusé de faire de l’organisation panafricaine, les États Unis d’Afrique, comme l’a fermement voulu Kadhafi. Lui dont le pays a enfanté l’UA, lors du sommet de Syrte en septembre 1999. La frondeuse Afrique australe menée par l’Afrique du Sud, a dit NON à Kadhafi et exigé le respect des textes, en imposant le président Malawite, pour occuper la présidence tournante de l’organisation. Humilié et blessé dans sa mégalomanie, le président libyen a senti le sol s’écrouler sous ses pieds et compris qu’il ne peut finalement pas réaliser son voeu de présider l’Afrique.

Les chefs d’États ont dit qu’il n’y aura pas de TAZARCE à la tête de l’UA, même si l’organisation est composée de pays dont les présidents ne sont pas toujours soucieux des textes, qu’ils considèrent comme de simples bouts de papier, que l’on peut triturer ou même déchirer, comme l’a clairement justement signifié Kadhafi à Tandja, lors de sa dernière visite au Niger, au plus fort du débat sur le TAZARCE nigérien. Kadhafi qui a soufflé le mot à Tandja, ne pourra donc pas appliquer sa théorie à l’UA. Alors, il menace. Il sait que s’il n’a pas le contrôle de l’ensemble des pays africains, il a une main mise sur un certain nombre d’entre eux, qui n’ont malheureusement pas fait le poids face à la détermination de l’Afrique australe de donner un peu de crédibilité à l’’Union Africaine, dont l’image a été sérieusement écorché par des actes de certains dirigeants africains tels que celui du Niger, de la Guinée, du Madagascar ou encore le guide de la révolution libyenne.

Il a menacé de créer une dissension, en bon mauvais perdant. Il va se recroqueviller sur ses « pays vassaux », à travers l’organisation qu’il a créée et qu’il contrôle : le CEN-SAD. Une organisation sujette à la présidence libyenne, qu’il entretient à grands frais et dont il peut s’assurer le soutien indéfectible des chefs d’États membres. L’organisation symbole de l’expansionnisme du président libyen compte tout de même 28 pays membres, dont presque tous, situés en Afrique occidentale et centrale. La vengeance de Kadhafi n’est peutêtre pas pour demain, le camouflet qu’il vient d’enregistrer est sans doute si fort qu’il ne peut pas compter sur l’ensemble des pays de la CEN –SAD, même s’il peut s’assurer du soutien de quelques présidents « amis » qui pourront l’accompagner dans son aventure. Sans se faire trop d’illusions, le président libyen doit savoir que l’échec qu’il vient d’enregistrer marque la fin de toutes ses prétentions africaines.

Il vient de perdre son influence sur l’Afrique, sauf peut-être chez quelques chefs d’États tels que celui du Niger, du Burkina, du Tchad etc. qui ont sans doute besoin de son expérience et de son expertise, pour perdurer au pouvoir, dans leurs pays.

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