Par cet accord l’Etat et les quatre communes riveraines de la réserve nationale de l’Aïr et du Ténéré conviennent d’une gestion concertée des ressources naturelles dudit complexe écologique. La cérémonie a enregistré la présence des ministres de la Défense nationale, des Transports, du Tourisme et de l’Artisanat, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, des Secrétaire généraux des Ministères de l’Economie et des Finances, de l’Eau et de l’Environnement, du Secrétaire général adjoint de la Région d’Agadez, des représentants du PNUD et du FEM et des cadres centraux du ministère. Cet accord s’inscrit aussi dans le cadre du Projet de cogestion des ressources naturelles de l’Aïr et du Ténéré obtenu en 2006 par le gouvernement auprès du Fonds pour l’Environnement mondial. C’est désormais un cadre de concertation et de synergie d’actions qui est créé entre l’Etat et les communes. Les fonctions de gestion, les responsabilités mais aussi les bénéfices seront partagés équitablement entre les différents acteurs.
De part le passé, les ressources de cette réserve nationale ont subi un processus de dégradation du fait justement de l’absence d’un cadre de ce genre. Pour le ministre de l’Eau, de l’Environnement et de la Lutte contre la Désertification, cet accord vient ainsi accompagner les efforts consentis par l’Etat pendant plusieurs décennies dans le domaine de la conservation et de la protection des ressources de l’écosystème de cette réserve. En effet a indiqué le Général de Brigade Abdou Kaza, ‘’parmi les obstacles relevés à la gestion durable des ressources naturelles de l’espace considéré, il y a l’absence d’un cadre favorable pour des actions concertées et des objectifs communs de gestion et de responsabilisation entre l’Etat et les collectivités’’.
L’accord ainsi signé va contribuer d’une part à la lutte contre la dégradation des terres et à la conservation des écosystèmes sahariens du Nord Niger, mais aussi à la mise en place d’un système décentralisé de gestion des sols et des ressources naturelles et ses zones connexes. Plus concrètement, cette convention permettra selon le ministre de l’Eau de l’Environnement et de la Lutte contre la Désertification de clarifier les responsabilités en matière de contrôle de comportement vis-à-vis des ressources naturelles, de définir les droits concernant le contrôle de l’accès auxdites ressources en tenant compte de l’importance de stabiliser les prélèvements, de penser des mécanismes visant à renverser de manière durable les tendances à la dégradation des sols, de fournir aux populations résidentes des alternatives économiques viables et durables et enfin de préserver au niveau de la RNNAT, les caractéristiques qui ont permis son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le Général de Brigade Abdou Kaza, a assuré de la disponibilité de son département ministériel à tout mettre en oeuvre pour accompagner les collectivités locales de la zone et tous les acteurs concernés dans la mise en oeuvre de cet instrument commun. Au demeurant, le Secrétaire général adjoint de la région d’Agadez s’est réjoui, au nom des populations de la zone concernée, de l’aboutissement de ce processus. M. Anza Mamane a souligné les menaces qui pèsent sur les écosystèmes de l’Aïr et du Ténéré. Il s’agit notamment de la surexploitation agricole au niveau des oasis, la dégradation des terrains de parcours, un déboisement accéléré, un braconnage persistant, mais aussi l’atteinte à l’intégrité du patrimoine culturel à travers le pillage des sites historiques et archéologiques. Le Secrétaire général adjoint de la Région d’Agadez a fondé l’espoir que cet accord permettra de répondre à ces défis au grand bénéfice des populations de la zone et de notre pays en général.
Siradji Sanda