L’affaire de l’otage d’AQMI, Pierre Camatte, a pris une tournure inattendue dans la nuit de mardi à hier mercredi 3 février, avec l’enlèvement de son ravisseur répondant au nom de Chedani Ould Inamey. Cet originaire de la région de Tombouctou, ayant grandi à Gao, est identifié comme étant celui qui avait enlevé des touristes autrichiens, allemands et suisses, il y a quelques années, avant de les libérer probablement contre versement de rançon, ce qui n’a jamais été reconnu officiellement. Il est aussi présenté comme le principal auteur de l’assassinat des princes saoudiens, survenu vers la fin de 2009 au Niger, alors qu’ils se rendaient à Gao pour chasser l’outarde, selon les dépêches d’agences.
Des sources proches du dossier rapportent que l’intention première de Chedani Ould Inamey et de ses hommes n’était pas de tuer les Saoudiens, mais que, lorsque les gardes du corps de ces derniers ont dégainé leurs révolvers, ils ont alors ouvert le feu, tuant, sur le coup, trois d’entre eux et en blessant quatre autres dont l’un décèdera, hélas plus tard, des suites de ses blessures. Depuis, l’épouse de Chedani Ould Inamey, qui avait loué le véhicule à bord duquel se trouvaient les Saoudiens, a été arrêtée et est toujours aux mains des autorités nigériennes qui l’accusent de complicité avec les tueurs.
On ignore, pour l’instant, l’identité des personnes qui ont enlevé le ravisseur de Camatte. L’opération n’en soulève que davantage de questions. Les kidnappeurs appartiennent-ils aux Services spéciaux malien, algérien ou français, les plus intéressés, au premier chef, par ce dossier ?
S’agirait-il d’un règlement de comptes entre ravisseurs ne parvenant plus à s’entendre sur la marche à suivre ? On sait que AQMI avait annoncé l’exécution de Pierre Camatte pour le 31 janvier dernier si quatre de ses éléments détenus au Mali n’étaient pas libérés. Qu’en est-il du malheureux otage ? Les ravisseurs d’Inamey ont-ils réussi à mettre la main sur lui ? Ou, plus vraisemblablement, ont-ils enlevé Inamey pour tenter de le faire parler et en savoir plus sur sa planque ?
Les jours à venir nous permettront de voir plus clair dans ce dossier qui est en train de pourrir les relations entre le Mali, la France et l’Algérie.
Saouti Labass HAIDARA