Former des ressources humaines capables d’approches pluri-disciplinaires spécifiques aux questions de développement, pour faire face aux défis du développement agricole, de l’autosuffisance alimentaire et de la définition des politiques agricoles des Etats guinéen, burkinabè et malien, tel est l’objectif du nouveau Master en « Politiques agricoles et économies paysannes » que lancent l’Université Mande Bukari, reconnue par l’Etat malien le 27 octobre 2008 et qui, d’ailleurs, va ouvrir un lycée à la rentrée prochaine, et ses quatre universités partenaires : l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Sonfonia en Guinée Conakry, l’Université de Ouagadougou II au Burkina Faso et l’Université de Bamako.
Les curricula de cette formation novatrice étaient au centre de la réunion qui a regroupé les représentants des cinq institutions au cours de la dernière semaine du mois d’août, dans les locaux de l’Université Mande Bukari à l’ACI 2000, locaux qui abriteront d’ailleurs la partie purement académique du cursus, enrichi de nombreux travaux de terrain (visites, enquêtes, rapports, etc..
C’est grâce à un programme de coopération dédié aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) de l’Union Européenne, baptisé Edulink, que la mise en place du Master a été rendue possible. L’objectif général est d’en finir avec les formations d’acteurs de terrain trop généralistes et théoriques, centrées sur une seule discipline. C’est pour cela que les activités de recherche viendront renforcer les activités d’enseignement, qui comportent six modules conceptuels et six autres modules méthodologiques, avec l’installation d’un Observatoire des politiques agricoles dans chaque université concernée, des publications dans diverses revues, des colloques et autres conférences.
La durée du Master sera de deux années et les heureux titulaires de celui-ci pourront préparer un Doctorat de co-tutelle sur le même sujet. Recrutés sur sélection selon trois critères majeurs, à savoir le niveau de formation initiale, l’aptitude à faire du terrain et la capacité rédactionnelle, les étudiants pourront bénéficier de bourses octroyées par l’UEMOA ou d’autres organismes. La première promotion devait compter, selon les estimations des initiateurs du Master, près de 30 étudiants, originaires de Guinée, du Burkina Faso et du Mali, mais les postulants ont largement dépassé ce chiffre, qui devrait plutôt être de 40 à 60 sélectionnés. Le montant des frais de formation pour les deux années sera de 3 750 000 Francs CFA pour les étudiants résidant à Bamako et de 4 750 000 FCFA pour les étudiants étrangers qui verront leur hébergement assuré par l’Université Mande Bukari.
Les professeurs proviendront des cinq universités partenaires et feront travailler les étudiants sur les concepts d’exploitation agricole, d’agriculture et relations internationales, des enjeux sociaux et environnementaux du développement rural, de politiques agricoles, de filières agricoles et de modernisation de l’exploitation agricole familiale. Au plan méthodologique, ils se frotteront à une introduction à la recherche, à la recherche documentaire, aux méthodes d’enquête en sciences sociales, à la statistique et à la rédaction et à la communication. Programme des plus chargés !
Ramata Diaouré