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l Issaka Saïdou et Abdou Tchiroma-Niger Diaspora-15-03-10

Le Président du CSRD a rencontré, samedi dernier, la classe politique nigérienne

lundi 15 mars 2010

Les partis politiques invités à s’impliquer dans la réussite de la transition

Le Président du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, Chef de l’Etat, le Chef d’Escadron Djibo Salou, a rencontré samedi matin, dans l’auditorium Sani Bako du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Etranger, les représentants de tous les partis politiques dûment reconnus au Niger. La rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, M. Mahamadou Danda des membres du CSRD et ceux du gouvernement.

« Il importe pour l’avenir de notre pays, que chacun prenne conscience, sincèrement, de ses propres responsabilités dans la situation ainsi créée, afin que plus jamais, le peuple nigérien ne soit confronté à de pareilles épreuves », déclare le Chef d’Escadron Djibo Salou

Dans une note introductive avant que le Président du CSRD ne s’adresse à l’assistance, le Premier ministre Mahamadou Danda a situé l’objet de cette rencontre qui est la 1ère d’une série que le Chef de l’Etat compte engager non seulement avec la classe politique mais également avec toutes les autres structures socioprofessionnelles dans le cadre de la mise en place du Conseil consultatif. Un organe qui sera chargé de faire toutes les propositions possibles, pour un retour à un ordre constitutionnel normal dans notre pays avec la remise du pouvoir à un régime civil démocratiquement élu. Et dans ce cadre, il est attendu des partis politiques et des autres sensibilités socioprofessionnelles, des avis et des contributions forts enrichissants et pertinents, susceptibles de conduire à l’établissement des textes fondamentaux solides censés régir la République et ceci pour une belle destinée politique du Niger de demain compte tenu du fait que le pays revenait de loin...

C’est par rapport à toutes ces préoccupations que le Président du CSRD, Chef de l’Etat, le Chef d’Escadron Djibo Salou, s’est adressé à l’assistance, à la classe politique nigérienne, à travers un important discours dont nous vous livrons l’intégralité ci-dessous. Après son intervention, le Chef d’Escadron Djibo Salou a donné la parole aux hommes politiques rassemblés pour la circonstance. C’est ainsi que plusieurs orateurs se sont succédé pour réagir au discours du Chef de l’Etat : pour M. Ousmane Oubandawaki du Parti Alkalami, il n’y a pas que la classe politique qui, dans son ensemble, est responsable de la situation, mais aussi toutes les autres institutions de l’Etat. M. Oubandawaki a dit que les textes « ne valent que ce que valent les hommes chargés de les appliquer ». Quant à M. Sanoussi Tambari Jackou du parti PNA-Al Ouma, après avoir relever l’engagement des nouvelles autorités à créer un Conseil consultatif pour revoir certains textes fondamentaux devant régir la vie politique du Niger, il s’est beaucoup plus appesanti sur la situation de précarité qui, selon lui, connaissent certains députés en particulier, a-t-il précisé, ceux de la 5ème République qui n’ont pas perçu certains de leurs émoluments après la dissolution de l’Assemblée nationale. Il a demandé au Chef de l’Etat à ce qu’ils soient payés car eux aussi a-t-il dit sont en but à la précarité alimentaire au même titre qu’une frange de la population nigérienne. Pour sa part, M. Seïni Oumarou du MNSD-Nassara, a déclaré que l’AFD/R est disposé à contribuer positivement aux travaux du Conseil consultatif qui sera mis en place. Pour sa part, le représentant du parti PNDS, M. Bazoum Mohamed a, lui, fait remarquer que l’on ne peut dire que les différents acteurs de la classe politique, ont le même poids de responsabilité dans les derniers événements du pays. M. Mamoudou Djibo PH.D, en ce qui le concerne, a indiqué que les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est nécessaire d’opérer un profond assainissement au sein de la classe politique nigérienne.

A l’issue des interventions, le Chef de l’Etat, le Chef d’Escadron Djibo Salou a repris la parole pour dire à la classe politique nigérienne que ses préoccupations seront prises en compte. Il leur a surtout rappelé les trois pillers qui soutendent cette transition : assainissement de la situation sociopolitique ; réconciliation des Nigériens entre eux, et restauration de la démocratie. Le Président du CSRD a demandé à la classe politique de les aider à atteindre ces trois objectifs principaux. A la fin de la rencontre, le Président, le Premier ministre et les autres membres du CSRD ont été salués par les représentants des partis politiques avant de poser tous ensemble pour une photo de famille. Lire ci-dessous l’intervention du Président du CSRD.

l Issaka Saïdou et Abdou Tchiroma


« Mesdames et Messieurs les Responsables des partis politiques !

Le jeudi 18 février 2010, comme vous le savez, une nouvelle page de l’histoire de notre pays s’est ouverte avec la prise du pouvoir par les Forces de Défense et de Sécurité et l’avènement du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie. Cette nouvelle intervention de l’Armée sur la scène politique nationale a certes eu le mérite de mettre un terme à la tension socio-politique que vous connaissez. Cependant, et bien que vous le sachiez déjà, je rappelle avec toute la solennité qui sied, que notre armée n’a pas vocation à faire de la politique et encore moins à gérer les institutions de l’Etat.

Vous avez tous été témoins des invectives dangereuses qui ont précédé les événements du 18 février dernier et qui ne nous ont malheureusement pas donnés d’autres choix. Au demeurant, aucune des initiatives entreprises tant au niveau national qu’international pour résoudre pacifiquement le contentieux et sortir le Niger de l’impasse, n’a abouti. De fait, notre pays a été installé dans une situation de blocage face à des perspectives heureuses et légitimes auxquelles tout naturellement il pouvait prétendre. De cette situation, comme pour en rajouter, se pointait une autre, aux conséquences encore plus dramatiques pour nos concitoyens, si elle ne faisait pas l’objet d’une prise en charge responsable et objective, je veux parler de l’insécurité alimentaire.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais souligner ici, en ce qui concerne la situation politique, que vous avez tous été à un titre ou à un autre, à un moment ou à un autre, acteurs et responsables du processus qui a conduit notre pays dans cette situation : soit par les actes que vous avez posés, soit en vous abstenant d’en poser quand il le fallait. Il en résulte que la classe politique nigérienne dans son ensemble est comptable devant l’histoire des raisons qui ont motivé l’intervention des Forces de Défense et de Sécurité le 18 février 2010.

Il importe pour l’avenir de notre pays, que chacun prenne conscience, sincèrement, de ses propres responsabilités dans la situation ainsi créée, afin que plus jamais, le peuple nigérien ne soit confronté à de pareilles épreuves. Aujourd’hui, voilà le Niger une fois encore face à lui-même et face à son destin et c’est ensemble, chacun à son niveau, que nous devons envisager ce destin. Pour ce qui est du CSRD, nous veillerons à créer les conditions les meilleures pour impulser, encadrer et accompagner le processus de restauration de la démocratie. Dans ce sens, nous avons décidé de convoquer toutes les forces vives de la Nation dans leur pluralité et leur diversité, au sein du Conseil Consultatif. Ce sera le creuset où seront mises en commun, les réflexions, les idées et les propositions qui permettront à notre pays, je l’espère, de renouer avec des institutions démocratiques et républicaines fortes et consensuelles.

Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques !

En tant qu’acteurs de premier plan dans la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat, vous avez une grande responsabilité dans la conduite de ce processus consultatif. C’est pourquoi, vos avis sur la composition du Conseil Consultatif, son mandat, la durée de la Transition, la Constitution, la Charte des partis politiques, le statut de

l’opposition, le Code Electoral, la Loi sur le financement des partis politiques et toutes les questions importantes relatives à la vie de la Nation, devront prendre en compte les intérêts supérieurs de notre pays et de son peuple. J’en appelle donc à votre sens patriotique et à vos expériences respectives, pour proposer à travers le Conseil Consultatif des contributions de qualité, afin qu’au sortir de la transition, nous ayons réussi ensemble à faire renaître l’espoir dans le cœur de nos concitoyens, pour que revive un Niger radieux dans une démocratie restaurée.

Je vous remercie ! »

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