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Maliweb / Seydou Coulibaly Le Républicain 01-03-10

Mali : Enseignement supérieur : Tempête à l’horizon

lundi 1er mars 2010

Le syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) entame ce mardi 2 mars 2010 une grève de 48 heures. Cette grève sera rééditée de 72 heures en mi-mars. Les enseignants avertissent que l’insatisfaction de leur doléances au sortir de cette échéance les conduira à une grève illimitée dans les jours qui suivent la grève de 72 heures.

C’est ici la principale recommandation du meeting du syndicat qui s’est tenu, le 27 février dernier, à l’Ecole nationale des ingénieurs (ENI). A l’ordre du jour de ce meeting, le sort réservé à un protocole d’accord qui a lié, le 8 janvier 2010, le syndicat et le gouvernement représenté par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le ministère du travail, de la fonction publique et de la reforme de l’Etat. En fait, ce protocole d’accord suspendait un mot d’ordre de grève des enseignants qui réclament l’alignement de leurs salaires sur ceux de leurs homologues de l’Uemoa, la mise en place de la hiérarchisation applicable au système Licence-Master-Doctorat (assistant, maître de conférence, professeur), l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire à l’enseignement supérieur et l’intégration des travailleurs contractuels de l’enseignement supérieur à la fonction publique de l’Etat. « Les trois premiers points sont des conditions de mise en œuvre du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et le quatrième point est l’émanation du forum national sur l’éducation », a expliqué le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé.

Dans le protocole d’accord du 8 janvier, le gouvernement et le syndicat étaient convenus de se rencontrer le 22 février pour l’élaboration des documents afférents aux trois premiers points de revendication. En ce qui concerne le quatrième point, il a été convenu que les contractuels des catégories A B et C recrutés par un acte du ministre du travail sont concernés par une intégration à la fonction publique. Contre toute attente, la partie gouvernementale a fait faux bond à la rencontre du 22 février. Ce qui a amené les enseignants à constater une volonté de diversion de la part des autorités. « Le boycott de la rencontre par le département est un acte de mépris. Il faut qu’on soit radical. Il faut l’alignement de nos salaires à ceux de la sous région, sans ça on ne va pas rentrer. » C’est le message unanimement soutenu par les enseignants présents à ce meeting. Un meeting qui a accouché, chez les enseignants, d’une position extrême pour la résolution des doléances. Le syndicat a donc opté pour une exécution de sa grève de 48 heures qui avait été suspendue et l’introduction, dès ce lundi 1er mars, d’un nouveau préavis de grève exécutoire à mi février : un avertissement de 72 heures, puis une grève illimité. Il est évident que le torchon brûle entre le Snesup et le gouvernement et le divorce semble bien consommé. Ce mouvement de grève sera parsemé de marches de protestation pour, ont annoncé les enseignants, convaincre l’opinion publique de la légitimité de leur mouvement.

Seydou Coulibaly

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