La semaine pastorale au Mali s’est clôturée, jeudi dernier, dans la cour de l’ancien Office de développement du Kaarta, à Nioro Du Sahel. C’était en présence du directeur adjoint de Helvetas, Sékou Diarra, du président de la Febevim, René Alphonse, du secrétaire général du ministère de l’Elevage et de la pêche, Mamadou Kané, du député de Nioro du sahel, Ousmane Bathily et du préfet de Nioro Du sahel, le Colonel d’aviation Fallé Tangara.
Les représentants des organisations de la société civile pastorale ont commencé par lire une déclaration intitulée « appel de Nioro Du Sahel » qui mentionnait leurs recommandations. Concernant les résolutions, la commission commercialisation a proposé, entre autres, l’élaboration et l’amélioration des textes, l’accompagnement et le suivi des actions en faveur de la valorisation de l’élevage et la facilitation de l’accès aux crédits. La commission foncier pastoral a recommandé l’élaboration des schémas d’aménagement pastoral, la formation et l’information des acteurs locaux sur les textes législatifs aux pastoralismes, la prise en compte effective des préoccupations des éleveurs et organisations pastorales dans les décisions de politiques, les grandes concertations sur le foncier pastoral.
L’atelier émergence de la société civile pastorale a, entre autres, recommandé la mise en place d’un conseil national de la société civile pastorale, l’implication des femmes et des jeunes dans les organisations de la société civile pastorale, l’arrêt des tracasseries dont sont victimes les Oscp, le long des pistes de transhumance et des circuits de commercialisation, la facilitation de l’accès au crédit pour les Oscp et l’institutionnalisation de la semaine pastorale. Sékou Diarra, directeur adjoint de Helvetas a indiqué : « de nos écoutes et débats, des questionnements et des propositions alternatives de solutions, nous avons été rassurés par les engagements et les convictions des participants et participantes que les exploitations familiales pastorales (plusieurs millions de têtes d’animaux, 550 millions de litres de lait, tonnes de peaux, matière organique, etc.) constituent un des moteurs clés du développement social, culturel, économique et environnemental du Mali ».
Il a ajouté qu’il a pris note des efforts des pouvoirs publics et des partenaires au développement. Il a aussi relevé les faiblesses soulevées par les participants telles que l’obstruction des voies de passage des animaux, l’endettement des pasteurs, l’insuffisance d’information, l’analphabétisme des pasteurs, les difficultés d’accès aux aliments bétail, aux marchés locaux et à ceux des pays voisins. Il a attiré l’attention sur les méfaits de la mondialisation néolibérale fondée sur « l’expropriation des terres paysannes (cas office du Niger, Selingué, etc.), la culture des Ogm, la destruction des semences paysannes et des races locales d’animaux, le commerce virtuel de l’eau, la primauté des importations subventionnées et peu nutritives… ». Il a recommandé, entre autres, la constitution d’organisations locales pastorales légitimes et représentatives des intérêts des pasteurs nomades, l’organisation de dialogue politique avec les medias et la mise en place d’un parlement rural.
Le député de Nioro, Ousmane Bathily, a fait état de la nécessité de l’application des textes et de la mise en place de la charte pastorale. Le président de la Febevim, René Alphonse, a encore une fois lancé un appel aux députés pour la défense des intérêts du monde des éleveurs et paysans. Il a demandé aux Ong d’aider les organisations professionnelles d’élevage. Il a notamment déclaré : « il faut que notre gouvernement cherche des ressources idoines pour développer l’élevage ». Il a demandé aux organisations d’éleveurs de mieux s’organiser.
Le préfet de Nioro, le colonel d’aviation, Fallé Tangara, a rappelé les principaux points des différents thèmes abordés par les participants dans les trois ateliers. Il a notamment fait état de pratiques pastorales favorisant l’émergence d’une société d’éleveurs ayant accès aux services sociaux de base. Il a espéré qu’il y ait le suivi de ces ateliers. Il a ensuite déclaré clos la semaine pastorale du Mali à Nioro Du Sahel.
Baba Dembélé