Après avoir atteint un pic de 225 milliards de Fcfa, l’aide à l’éducation de base est aujourd’hui redescendue à moins de 140 milliards par an et tend encore à décliner
"Le financement de l’éducation" est le thème de la Semaine mondiale d’action (SEMA) lancée samedi à la Bourse du travail. Initiée par la Coalition des organisations de la société civile pour l’éducation pour tous au Mali (COSC-EPT/Mali), elle se déroulera sur l’ensemble du territoire. Le lancement s’est déroulé en présence de nombre d’invités parmi lesquels des responsables syndicaux, scolaires et de nombreux élèves. La célébration de la Semaine mondiale d’action pour l’Education pour tous (EPT) est un exercice auquel se prête la société civile opérant dans le domaine de l’éducation depuis avril 2001. Les organisateurs entendent ainsi non seulement analyser et apprécier le niveau d’avancement des pays dans l’atteinte des objectifs de l’EPT d’ici à 2015, mais aussi inciter les décideurs et les différents acteurs à concrétiser les engagements pris lors du forum sur l’éducation de Dakar. La présidente de la Coalition EPT/Mali, Mme Maïga Kadiatou Baby, a estimé que le thème de cette édition est une composante incontournable dans la réalisation des objectifs définis pour l’Education pour tous. Cet impératif est plus pressant aujourd’hui, à seulement 5 ans de 2015, l’année du bilan. L’UNESCO, dans son rapport 2009 de suivi de l’EPT, estime que 29 millions d’enfants ne seront toujours pas scolarisés en 2015. L’Afrique subsaharienne est très concernée par ces prévisions. Les perspectives financières s’assombrissant dans de nombreux pays donateurs du fait de la crise financière, l’on peut s’attendre à voir ce chiffre s’élever au cours des années à venir, si aucune mesure n’est prise dès à présent. Aujourd’hui, les dépenses éducatives de la région subsaharienne ne représentent que 2% des dépenses mondiales en éducation, malgré la situation très préoccupante de la région. "Pourtant, a regretté Mme Maïga Kadiatou Baby, les partenaires techniques et financiers avaient déclaré qu’aucun pays, ayant établi un plan crédible en faveur de l’Éducation pour tous, ne verra ses efforts contrariés par un manque de financement". Même si l’aide à l’éducation de base a augmenté en passant de 1 milliard de dollars en 2000 à un pic de 5 milliards de dollars (225 milliards de Fcfa) en 2006, elle est aujourd’hui redescendue à moins de 3 milliards de dollars par an et tend encore à décliner. Les pays scandinaves, les Pays-Bas et le Royaume Uni ont financé correctement l’éducation de base, mais la plupart des autres pays, notamment ceux du G8, sont loin de participer équitablement aux 16 milliards de dollars (plus de 675 milliards Fcfa) annuels de fonds extérieurs nécessaires pour réaliser l’EPT, selon le rapport de la Campagne mondiale de l’éducation 2009 de Northern school. "Cependant, malgré l’appui important que les partenaires externes doivent apporter à nos pays, il devient de plus en plus évident que le financement de l’éducation doit être surtout interne, endogène, pour plus de souveraineté et même d’effectivité de certains choix et décisions politiques", a averti la présidente de la Coalition EPT/Mali. Mme Maïga Kadiatou Baby estime cependant que les efforts consentis par l’État doivent être améliorés à travers une augmentation conséquente du budget alloué à l’éducation accompagnée d’une bonne gestion. "Nous devons réfléchir également à l’établissement d’un fonds national pour l’éducation, afin d’arriver à l’école de nos besoins, de nos ambitions, comme inscrit dans les recommandations du Forum national sur l’éducation", a-t-elle proposé. "Il faut faire en sorte que chaque classe reçoive entre 35 et 45 élèves. Qu’il y ait des aires de jeux dans la cour de l’école. Il faut améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants et insister sur la qualité de l’enseignement", a énuméré Maouloud Ben Katra, membre de la Coalition EPT/Mali, du SNEC et de l’UNTM. Un match de football sera organisé dans l’esprit de la Coupe du monde qui se jouera en Afrique pour la première fois avec le slogan : "One goal, education for all (Un but, éducation pour tous)". D’autres activités de sensibilisation et d’information sont également prévues à l’Assemblée nationale.