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Bruno Djito Segbedji L’Indépendant, 06/10/2009

Mali, Coup de semonce du Snec hier : « Pas de lisibilité sur la mise en œuvre des recommandations du forum sur l’éducation »

mardi 6 octobre 2009

« Nous n’avons aucune lisibilité ni aucune visibilité dans la mise en œuvre des recommandations du forum sur l’éducation ». C’est en ces termes que le Secrétaire général du Syndicat National de l’Education et de la Culture, Tibou Telly a signalé hier lundi 5 octobre, son insatisfaction par rapport à la situation de l’école malienne. Il a en outre indiqué que l’école est aujourd’hui suffisamment en panne, avec des revendications des enseignants rangées aux oubliettes.

Pour marquer d’un sceau particulier la célébration de la journée mondiale des enseignants ce 5 octobre, par ailleurs jour de la rentrée scolaire au niveau du secondaire, les premiers responsables du Syndicat National de l’Education et de la Culture (SNEC), avec à leur tête le secrétaire général Tibou Telly, ont organisé hier lundi 5 octobre, à la Bourse du Travail, une conférence de presse pour faire le point, aux hommes des medias, de l’évolution des négociations avec le Gouvernement.

Tibou Telly a d’abord rappelé le contexte de la célébration de cette quarante troisième édition de la journée mondiale des enseignants, journée qui prend ses racines dansla Déclaration du 5 octobre 1966 à partir de laquelle l’UNESCO et l’OIT ont convenu d’adopter à l’intention des Etats parties, une convention sur la profession enseignante. « L’internationale de l’éducation dont est membre le SNEC, la plus grande internationale au monde, a saisi ensuite l’UNESCO pour que le 5 octobre soit célébré journée mondiale. Au Mali, le SNEC a demandé au Gouvernement de la célébrer avec faste, c’est-à-dire que cette journée mondiale soit chômée et fériée sur toute l’étendue du territoire ; mais rien n’y fit ». Pour M. Telly, cette demande n’est pas une manière de privilégier les enseignants, mais il s’agit de mobiliser toute la nation pour réfléchir durant cette journée sur le rôle important que joue l’enseignant dans la société. Il s’agit de valoriser la fonction enseignante dans un contexte nouveau post forum sur l’éducation.

A ce propos, le Secrétaire général du SNEC dira que le forum sur l’éducation nationale semble être un coup d‘épée dans l’eau. « Nous n’avons aucune lisibilité ni aucune visibilité dans la mise en œuvre des recommandations du Forum sur l’éducation. L’école est toujours en panne…Les pouvoirs publics sont limités », a-t-il déclaré. Pour M. Telly, Le gouvernement n’a fait que quelques timides efforts par rapport aux revendications des enseignants qui continuent par tirer sérieusement le diable par la queue. Face à une série de questions des journalistes par rapport aux revendications, le Secrétaire général du SNEC a déclaré que ce syndicat ne fait pas que revendiquer, mais qu’il est une force citoyenne de propositions au Gouvernement. « Nous proposons des solutions à nos plus hautes autorités ; sauf qu’elles n’ont pas souvent l’oreille suffisamment réceptive pour aller dans le sens que nous leur proposons ». Il a souligné l’initiative citoyenne prise par le SNEC en versant dans le système de réglementation de la circulation routière, de plusieurs enseignants et élèves.Pour le Secrétaire général de la section préscolaire et de l’éducation spéciale du SNEC, Sidiki Diarra, treize des quarante trois points de revendication (de la plate-forme du syndicat) ont été déposés avec préavis de grève le 20 avril 2009 sur la table du Gouvernement.

Ces points concernaient entre autres, l’intégration des contractuels dans la Fonction publique d’Etat, l’indemnité de logement, la majoration de la prime d’enseignant, l’octroi de la prime de risque pour le personnel administratif. Par rapport à tous ces points les discussions achoppent toujours, notamment sur les montants des primes et indemnités. Ainsi, pour l’indemnité de logement, après avoir estimé que cela ne se trouve pas dans sa nomenclature, le Gouvernement a fini par offrir un taux de 7000 F CFA pour le fondamental et 10 000 F CFA pour le secondaire. Le SNEC lui propose 10 000 et 15 000 CFA ou un taux forfaitaire de 12 500F. En outre, le gouvernement propose la Fonction publique d’Etat pour les contractuels de l’Etat et celle des collectivités pour les enseignants contractuels des collectivités. Ce qui n’est pas du goût des responsables du SNEC qui n’ont tout de même pas fermé la porte des négociations (élargies à d’autres syndicats) avec le Gouvernement.

Bruno Djito SEGBEDJI

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