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Hadama B. Fofana Le Républicain 08-03-10

Mali, Congrès de l’AFSTA : Pour faire face à la pénurie alimentaire

lundi 8 mars 2010

L’économie du Mali repose essentiellement sur l’agriculture. Plus de 80% de la population malienne vit en milieu rural et l’agriculture participe à hauteur de 43% au PIB (Produit intérieur brut) et procure à l’Etat 30% des recettes d’exportation.

Selon les remarques, notre pays dispose d’un grand potentiel agricole. Il a environ 46 millions d’hectares de terres agricoles dont 12 millions d’hectares de terres cultivables et 2 millions d’hectares de terres irrigables. Il possède aussi des cours d’eau importants dont les fleuves Sénégal et Niger. C’est dire que c’est un pays à vocation agro-pastorale et qui possède de ce fait une industrie semencière active, mais encore embryonnaire. Cela, vu le faible niveau de semences certifiées produites et vendues par rapport à l’immensité du potentiel qu’offre le secteur de l’économie rurale et périurbaine. L’implication tardive et timide du secteur privé dans la production et la distribution de semences de grandes cultures (mil, sorgho, riz, mais, arachide, niébé, blé etc.) constitue l’une des difficultés majeure à l’épanouissement de l’ensemble de l’industrie des semences au Mali. Parmi les contraintes, l’on peut citer entre autres, l’insuffisance de formation en technique de protection, de conservation, de reconditionnement et de commercialisation des semences ; les difficultés d’expression des besoins en semences par les producteurs à temps réel ; le manque de standards concernant les emballages destinés au reconditionnement des semences localement produites et le non respect de l’étiquetage par la plupart des producteurs et vendeurs semenciers.

Vu toutes ces difficultés auxquelles est confronté le secteur semencier du Mali, l’Association Africaine du Commerce des Semences (AFSTA) a décidé de tenir à Bamako les assises de son 10eme congrès annuel de 2010. Pour cela, du 1er au 4 mars, les représentants des pays membres de l’Afsta, les observateurs des organisations internationales (FAO, l’Oapi), l’Union pour la protection des obtentions végétales (Upov), la Fédération internationale des semences (ISF), l’association internationale des tests de semences (Ista), des ONG, projets et programmes agricoles étaient en conclave à l’Hôtel Salam. Il s’agissait pour les congressistes d’une part, de voir comment permettre aux opérateurs semenciers de commercialiser les semences dans l’espace CDEAO sans contraintes majeures. Et d’autre part, de voir comment assurer la garantie des investissements qui sont réalisés dans le cadre de l’industrie semencière et inciter les opérateurs privés à investir dans la production et la diffusion des semences sélectionnées.

Le ministre de l’agriculture, Agathane Ag Alassane, a insisté sur la nécessité de la mise en place dans nos Etats, de véritables industries semencières. Car selon lui, la modernisation de l’agriculture demeure organiquement liée à la présence d’un réseau de producteurs semenciers et d’une industrie semencière privée. « Les expériences acquises dans vos différents pays seront mises à profit pour la promotion et le développement de l’industrie semencière au Mali en particulier et en Afrique en général », a conclu le ministre.

Le président de l’Association semencière du Mali (Assema), Issa Mory Dembélé, s’est prononcé en faveur de l’avènement d’un environnement institutionnel incitatif à l’investissement privé national et étranger afin d’encourager la création de partenariats pour développer notre industrie des semences. Pour sécuriser davantage les professionnels du secteur semencier au Mali et contribuer à la lutte contre la pauvreté, Issa Dembélé a demandé aux autorités maliennes de suspendre l’application de la TVA à l’implication et à la revente des semences potagères dont les principaux acheteurs sont parmi les couches les plus vulnérables du pays notamment les groupements de femmes en milieu rural et périurbain.

Pour le président de l’Afsta, M. Marcel, l’Afrique a besoin d’une industrie dynamique céréalière pour faire face à la pénurie alimentaire ainsi qu’au problème d’équipements. Pour relever ce défi, il a demandé aux associations de commerce de semence de travailler avec les ONG internationales pour développer le potentiel semencier de l’Afrique. Soulignons que c’est le Malawi qui organisera le 11e congrès de l’Afsta en 2011.

Hadama B. Fofana

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