Accueil du site > Actualités > Lutte contre le terrorisme : Et si (...)
Share

Chiaka Doumbia- Le Challenger, 09/02/2010

Lutte contre le terrorisme : Et si le loup arrêtait de crier au loup

mardi 9 février 2010

Depuis un certain moment, les relations entre Alger et Bamako semblent avoir pris un coup de froid. Au centre des divergences, la façon de lutter contre la ’’nébuleuse Al Qaïda au Maghreb islamique’’. Ainsi, les autorités algériennes ne ratent aucune occasion pour vilipender les nôtres qui auraient fait preuve d’une certaine passivité pour bouter les Salafistes de leur territoire. Leur dernier affrontement verbal remonte au tout récent sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Fini donc ce ridicule échange de bons procédés, cette hypocrisie diplomatique que plus d’un observateur a cru déceler dans les discours officiels depuis quelque temps ?

On a la nette impression que l’Algérie veut rendre le Mali coupable, aux yeux de la communauté internationale, de ce qu’elle peine à combattre depuis des années, avec pourtant beaucoup plus de moyens. Comment peut-elle accuser le Mali d’encourager les responsables de l’Aqmi à renforcer leur présence dans l’immense désert saharien, alors qu’elle connaît beaucoup mieux les membres de l’ex-groupe pour la prédication et le combat (Gspc) et toutes les difficultés à les localiser dans ces conditions. Tous les spécialistes sont unanimes : les salafistes sont très mobiles. Ils se déplacent d’un pays à un autre. Comme le président ATT a l’habitude de le dire, "ils n’ont pas même besoin de visas pour passer d’un pays à un autre". Et pourtant rien n’empêche Alger, qui dispose de moyens importants, de venir poursuivre les Salafistes sur le territoire malien comme l’autorisent les Accords les deux pays.

En revanche, c’est connu que ce sont plutôt les autorités algériennes qui soutiennent et protègent, donc encouragent des apatrides, auteurs de toutes sortes de crimes contre l’Etat et d’innocents citoyens maliens. C’est le Mali qui devrait se fâcher contre l’Algérie qui déroule le tapis rouge pour les bandits armés qui attaquent les casernes de leur pays pour aller se réfugier ensuite sur son territoire. Il est même prévu pour ce mois de mars une rencontre de ses ’’marionnettes’’ à Alger. Malgré le double - jeu des autorités algériennes, le président ATT a toujours salué l’implication de ce ’’pays frère’’. Pour reprendre ainsi l’expression officielle.

Pour obtenir des résultats probants dans la lutte contre le terrorisme qui menace la bande sahélo - saharienne, l’Algérie doit arrêter de jouer au loup qui crie au loup. Aujourd’hui, il est avéré que des généraux algériens soutiennent les bandes ’’ narcotrafiquants. L’anthropologue britannique Jéremy Keenan, cité par Jean Christophe Servant dans un articule paru dans ’’Le Monde diplomatique’’ de janvier de 2010 sous le titre ’’Avatars de l’anti-terrorisme’’, a fait une analyse très claire sur la situation, notamment l’identité des responsables des différentes mouvances se réclamant d’Al Qaïda. De l’avis de ce spécialiste du Sahara ’’El Para n’aurait jamais cessé de rouler pour le DRS (Département du renseignement de la sécurité algérien). Une opération sous couverture destinée à servir un double objectif : permettre à Alger de resserrer les liens avec les Etats-Unis dans la cadre de sa guerre contre le terrorisme post 11 septembre tout en offrant à Washington l’occasion de renforcer son contrôle militaire du sahel. Si l’en croit aux analyses de Keenan, la voix se cache derrière le message audio diffusée le 8 décembre 2009 sur Al Jazeira qui revendique l’enlèvement de Pierre Camatte et de trois humanitaires espagnols est celle de Salah Gasmi. ’’Ce dernier, qui aurait participé en février 2008 à l’enlèvement de deux ressortissants autrichiens, est fermement considéré comme étant agent au DRS.’’, analyse l’anthropologue britannique. En effet, la pression actuelle vise deux objectifs. Dans un premier temps, l’Algérie veut empêcher la libération de l’un de ses fils comme réclamé par les extrémistes d’Al Qaïda. Ensuite, elle veut coûte que coûte que Bamako l’autorise à ouvrir un consulat à Kidal. Pourquoi faire ? That is the question.

Chiaka Doumbia

Share

Répondre à cet article

 
 
Temoust Survie touarègue - 7, rue Major Martin 69001 Lyon (France)
Courriel : temoust@hotmail.com - Développement Citywizz.com
SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0