Al-Qaeda au Maghreb islamique utilise le Nord du Mali comme base arrière. Ce qui alimente les soupçons des opposants touaregs à l’égard des autorités locales.
Après l’enlèvement au Niger le 21 avril de Michel Germaneau, un touriste français âgé de 70 ans, l’armée malienne a reçu pour mission de trouver la piste des ravisseurs. Alors que des patrouilles étaient expédiées au sud de la ville de Kidal (où elles ont fouillé les campements d’éleveurs), les kidnappeurs passaient la frontière au nord-est d’une région où sont cantonnés un bataillon de l’armée malienne, des unités de gendarmerie et des douanes, ainsi qu’une garnison de la garde nationale. Les services de sécurité et l’armée auraient pu tenter de les intercepter. Il ne s’est pourtant rien passé…
Deux jours plus tard, l’otage français arrivait dans l’une des bases d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) à 60 km à l’est du cercle de Tessalit, avant d’être transféré vers un site plus sûr, sans doute proche du lieu de captivité de deux humanitaires espagnols. A ce jour il est toujours detenu.
Selon des informations recueillies par Intelligence Online auprès d’opposants touaregs, cet épisode confirmerait les complicités des djihadistes avec certains officiers maliens. Des renseignements utiles ne seraient qu’en partie exploités contre les groupes de plusieurs émirs de l’AQMI, notamment Ben Moctare Laouar Abou Zeid Abdelhamid et Yaoui Djoudi qui opèrent dans cette zone du Sahel. Ces derniers auraient réceptionné, entre février et avril, des munitions en provenance des casernes maliennes. En Contrepartie, de l’argent (tiré de rançons et du trafic de drogue) serait investit dans les régions de Gao, Mopti, et à Bamako…
A Paris, les services de sécurité récusent ces allégations de complicité à grande échelle, même si des renseignements similaires ont été recueillis. Pour préserver une relation indispensable avec les autorités locales (IOL n°615), ils se bornent à expliquer les connivences constatées par le poids des liens communautaires. Et en mettant sur le compte des vastes étendues désertiques à contrôler les bavures de la traque contre AQMI