Il a été lancé jeudi la campagne de sensibilisation sur la tenue du quatrième Congrès africain du pétrole. Cette organisation de l’Association des producteurs du pétrole africain (Appa) a eu pour cadre le Cercle de Kinshasa dans la commune de la Gombe.
A la tribune, les ministres des Hydrocarbures de la Rdc, président en exercice de l’Appa, et du Congo Brazzaville, le consultant de AMETrade à qui est confiée l’organisation du Congrès de Kinshasa, sans oublier le secrétaire exécutif de l’Appa.
Etait attendu à cette conférence de presse, le ministre ivoirien des Hydrocarbures, vice président en exercice de l’Appa. Ce dernier s’est fait représenter par le secrétaire national ivoirien des Hydrocarbures. La présence de la Côte d’Ivoire à ce lancement s’explique entre autre par le fait que le prochain Congrès se tiendra à Abidjan. Il verra donc la Côte d’Ivoire prendre le bâton de commandement de cette association africaine du pétrole.
Prenant la parole devant la presse congolaise, le ministre des Hydrocarbures et président en exercice de l’Appa a commencé par circonscrire le cadre de cette rencontre, à savoir, un prélude à l’organisation du 4ème Congrès africain du pétrole. Le congrès qui se tient à Kinshasa au Palais du peuple au mois de mars prochain est le quatrième de la série après le premier tenu à Tripoli en Libye, le deuxième à Alger en Algérie et le troisième à Cotonou au Bénin.
C’est le plus grand événement que la Rdc organise depuis le début de cette année 2010. Il a rappelé les autres événements que la Rdc a accueillis au cours de l’année écoulée à savoir, les sommets de la Sadc et de la Ceeac et le congrès mondial de la femme.
Brossant l’historique de l’Appa, il a fait savoir que l’association fut créée à Abuja au Nigéria en 1987. A l’invitation du président nigérian de l’époque, Hibrahim Babangida, lors du sommet de l’Ua, les dirigeants du continent avait porté sur fonts baptismaux cette association dont le siège est installé à Brazzaville.
L’Appa, a poursuivi le ministre, s’est fixée comme objectif global en tant qu’organisme intergouvernemental, de permettre le partage des connaissances et garantir des initiatives communes dans tous les domaines pétroliers. A ce jour, 16 pays africains sont membres de l’Appa.
Les objectifs spécifiques de l’Appa sont : être le moteur de la coopération entre les Etats membres, atteindre l’uniformisation du cadre juridique, permettre l’assistance entre pays membres, aider les pays membres à tirer le meilleur bénéfice de leur production.
Pour parler du Congrès, le ministre a dit que son rôle est de promouvoir le développement du secteur pétrolier. En plus des échanges, le Congrès organise une exposition qui offre aux pays membres la possibilité de présenter leurs produits.
Il est prévu pour le Congrès de Kinshasa une participation de 800 personnes. Come retombée de l’organisation de ce Congrès à Kinshasa, le ministre a fait savoir que plus ou moins 2.500 millions de dollars seront injectés dans l’économie congolaise.
En outre, c’est l’occasion pour la Rdc de sélectionner les investisseurs pour l’exploitation du gaz au Lac Kivu. Il a poursuivi en disant que la présence de 25 ministres africains pour un événement dont l’ouverture sera faite par le Chef de l’Etat, cela crée de l’attraction au pays et c’est une preuve que le pays est en paix. Ceux qui participeront à ce Congrès apporteront chez eux ce message de paix effective en Rdc.
A la série des questions-réponses, différents orateurs ont répondu aux inquiétudes et préoccupations de la presse. Ces préoccupations vont de la nécessité d’organiser régulièrement les congrès, des résultats obtenus au cours de ces congrès jusqu’à ce que le Congrès de Kinshasa apportera comme innovation en passant par la politique pétrolière de la Rdc.
Grâce à l’Appa, les pays membres présentent un seul programme, face aux investisseurs et les contrats sont mieux élaborés. Cela a permis aux pays membres de maximiser leurs bénéfices.
En ce qui concerne la présence de la Rdc parmi les pays producteurs du pétrole avec une modique production d’à peine 30.000 barils par jour, le ministre congolais des Hydrocarbures a fait savoir qu’aujourd’hui la production de la Rdc est modique certes, mais le pays a des potentialités pour l’amener d’ici 2015 à plus de 2 millions de barils par jour.
Il a précisé en plus que l’Appa n’a pas été créée pour les pays gros producteurs. Par contre, en étant membres de l’Appa on peut se servir de l’expérience et de l’aide des autres membres pour augmenter sa production. Le ministre a insisté sur le fait que le gaz offre les mêmes opportunités que le pétrole.
La Rdc, a-t-il fait remarquer, a des réserves de 50 milliards de m3 dans le Lac Kivu. La Rdc est obligée d’exploiter ce gaz qui a commencé à tuer les oiseaux et les poissons dans le lac. Il a rassuré la presse que bientôt le Sud-Kivu et le Nord-Kivu vivront sous le rythme de l’industrie gazière qui, à ce jour, a-t-il reconnu, est embryonnaire. Mais demain, elle aura une incidence réelle.
Sur cette question, le ministre des Hydrocarbures du Congo Brazzaville a renchéri pour demander un peu de patience aux Congolais. Car, l’industrie pétrolière demande beaucoup de moyens, mais aussi des recherches qui, pour aboutir demandent du temps. Il a fait savoir que la Rdc n’a pas une grande plateforme côtière, contre sa plateforme continentale est importante.
L’exploitation de cette plateforme est plus difficile à explorer. C’est pour cette raison que les Congolais doivent s’armer de patience. Qu’en est-il de l’exploitation commune avec les pays voisins ? Le Congrès va-t-il aborder cette question ? Pour le ministre, le Congrès n’est pas un forum approprié pour parler de ce problème. En outre, a-t-il expliqué, cette exploitation n’est pas sujet au débat.
La Rdc a signé des documents aussi bien avec l’Angola qu’avec l’Ouganda. Le problème d’exploitation ne se pose pas pour les blocs réellement à cheval. Quelle expertise AMETrade a-t-il pour qu’on lui offre l’organisation de ce Congrès ? Pour le consultant de cette entreprise, son expérience de terrain depuis six ans en Rdc, sa connaissance de la ville de Kinshasa, sont des atouts qui ont pesé dans son choix.
A ce jour, la logistique est prête et il a rassuré que le travail se fait en collaboration avec le ministère des Hydrocarbures. Une question angoissante, c’est celle de savoir pour quelle raison en matière d’exploitation pétrolière, la Rdc est à la traîne par rapport à ses voisins ? A cette question, le ministre a évoqué les causes lointaines qui tiennent aux choix opérés par les dirigeants congolais.
En 1960, les dirigeants congolais avaient fait le choix de l’Agriculture comme production essentielle ; autour des années 1970, le choix des dirigeants congolais s’est porté sur les mines avec la manne du cuivre, diamant, or et autres.
Il avait fallu le choc pétrolier pour que la réflexion sur la production pétrolière commence. Entre temps, le pays a connu une longue période d’instabilité politique. C’est seulement maintenant, a-t-il estimé, qu’il faut asseoir la politique pétrolière et gazière.
La Côte d’Ivoire, a rassuré son représentant, sera bien présente au Congrès de mars prochain quels que soient les événements politiques au pays. Qu’est-ce qui aura changé d’un congrès à un autre ?
Chaque Congrès, a rassuré le ministre, est une évolution étant donné que la technique change. En ce qui concerne l’exposition, qui seront les participants ? Le consultant de AMETrade a fait savoir qu’à cette étape, il ne peut livrer cette liste qui, du reste, reste ouverte.
L’Avenir
(CL/Yes)
Last edited : 05/02/2010 13:17:15