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I. Maïga-L’Aube 08-02-10

La famine s’installe à Kidal : Appel à la mobilisation de 1,3 milliard de FCFA

lundi 8 février 2010

La sécurité alimentaire dans la région de Kidal est compromise, et de plus en plus inquiétante. Pour parer à une éventuelle catastrophe humanitaire, le gouvernement du Mali a organisé, sous l’égide du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, une réunion d’information à l’endroit des partenaires au développement, le vendredi dernier.

Les 11 communes de la région de Kidal sont confrontées aujourd’hui à un déficit alimentaire qui inquiète au plus haut niveau les autorités nationales. Depuis octobre 2009, la situation alimentaire dans cette région désertique ne cesse de se dégrader.

C’est le constat de deux missions dans la région dont l’une était dirigée par le ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, Kafougouna Koné ; et l’autre par la commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara. Les deux personnalités se sont jointes au ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale pour donner aux partenaires techniques et financiers une vue d’ensemble sur la situation alimentaire dans la région de Kidal.

Selon les résultats d’évaluation du Système d’alerte précoce sur la situation alimentaire, la campagne 2009-2010 est déficitaire dans les 11 communes de la région de Kidal, qui sont ainsi devenues des zones à risque alimentaire.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement du Mali a initié un certain nombre d’actions pour, entre autres, améliorer la disponibilité en céréales, à travers des ventes d’intervention de l’OPAM dans les zones déficitaires ; intensifier des activités d’appui à la nutrition ; mettre en place 4 000 tonnes d’aliment bétail, qui serviront à l’ensemble de la zone pastorale du nord.

A travers cette réunion, le gouvernement a sollicité l’appui des partenaires pour mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation de ces multiples actions.

Le déficit alimentaire n’a épargné aucune localité de la région de Kidal, qui fait les frais non seulement d’une mauvaise pluviométrie, mais aussi subi de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Il n’y a pas assez d’eau ni pour les populations, ni pour les animaux, qui ont du mal à s’abreuver au quotidien. Trouver de la nourriture pour les animaux relève de la croix et de la bannière.

C’est un véritable tableau noir que la commissaire à la sécurité alimentaire a présenté aux participants à la réunion. Le ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, Kafougouna Koné, quant à lui, a affirmé que sa mission a été fortement interpellée par les autorités politiques et administratives régionales et la société civile de Kidal sur les inquiétudes alimentaires.

Ces inquiétudes, précisent le ministre Koné, ont été confirmées par le consulat du Mali à Tamanrasset par rapport au mouvement des populations, qui tentent de fuir la famine et la sécheresse.

Probablement, c’est la famine qui s’installe peu à peu dans cette région confrontée à une insécurité résiduelle, qui a fait presque fuir toutes les ONG, qui opèrent dans la localité. Le gouvernement du Mali, qui a été saisi depuis octobre 2009, a tenté de répondre par la solidarité nationale.

Mais devant l’ampleur et la gravité de la situation, il a dû se rendre à l’évidence.

Les 11 communes de la région de Kidal ont un besoin de 2 440 tonnes de riz, 1 000 tonnes d’aliment bétail et 50 puits pour un coût total de 1 333 234 500 FCFA. Un besoin que le gouvernement ne pourrait satisfaire dans l’immédiat, alors qu’il y a urgence.

Malgré les contraintes budgétaires, reconnaît le ministre délégué au budget, Lassine Bouaré, le gouvernement a acheté les 1 000 tonnes d’aliment bétail et a assuré son transport. « Nous avons tenu compte des priorités dans l’urgence… », explique le ministre Bouaré, qui a demandé aux partenaires d’aider le Mali face à cette situation d’une extrême urgence.

Après l’exposé de la partie gouvernementale, certains partenaires ont réagi en mettant à la disposition du Mali des fonds. D’autres se sont contentés de rappeler leurs anciens engagements.

D’où la nécessité de coordonner toutes ces actions afin de répondre aux besoins des populations, a souhaité la commissaire à la sécurité alimentaire, Lansry Nana Yaya Haïdara.

En outre, il se trouve que Kidal n’est pas la seule région en difficulté alimentaire. Vingt six autres communes des régions de Gao, Tombouctou et Kayes présentent les mêmes caractéristiques que les 11 communes de Kidal. Mais le gouvernement veut résoudre au plus vite la crise alimentaire à Kidal et éviter que la famine s’installe dans la durée.

I. Maïga

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