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L’eau au Mali : Une denrée mal repartie

mercredi 7 avril 2010

De nombreux textes législatifs et réglementaires régissant le secteur de l’eau ont été adoptés au cours des dix dernières années. Ils permettent de préciser les orientations, le rôle des différents acteurs et le cadre d’intervention. En 2000, le prélèvement en eau pour les usages domestiques était estimé à 590 millions de m3/an tandis que l’industrie absorbait environ 56 millions m3/an.

Environ 47 % de la superficie totale du Mali se trouvent dans le bassin versant du fleuve Niger et 11 % dans le bassin versant du fleuve Sénégal, 41 % de la superficie du pays font partie du bassin intérieur du désert du Sahara, et seulement 1 % se trouve dans le bassin versant du fleuve Volta.

Les fleuves Sénégal et Niger et leurs affluents fournissent l’essentiel des ressources en eau de surface pérennes dont l’écoulement moyen est estimé à 50 km3/an. Les volumes écoulés par le Niger et son affluent le Bani à l’intérieur du Mali sont de l’ordre de 35 km 3 dont un bon tiers est perdu par évaporation dans le delta central et la zone lacustre.

Le fleuve Sénégal est constitué principalement par le Bafing, le Bakoye et la Falémé. Les ressources en eau souterraine renouvelables sont estimées à 20 km 3/an. La partie commune entre l’eau de surface et l’eau souterraine est évaluée à 10 km3/an, ce qui donne un total des ressources en eau renouvelable annuelles de 60 km 3. Environ 40 km3/an d’eau de surface entrent dans le pays, principalement en provenance de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, ce qui porte le total à 100 km3/an de ressources en eau renouvelables.

Les consommations actuelles du secteur de l’irrigation sont de l’ordre de 5,9 km3/an, soit 90 % du prélèvement total et proviennent en quasi-totalité des ressources en eau de surface et presque entièrement sur une période de six mois (du 1er juin au 31 décembre). L’irrigation des cultures hivernales ne pose généralement pas de problème compte tenu des débits relativement importants des cours d’eau pendant cette période.

En revanche, les consommations de contre-saison, bien que faibles, surviennent à une période où les débits des fleuves et les niveaux dans les barrages de retenue sont bas. Malgré l’existence de ces deux grands fleuves, l’eau demeure une denrée rare au Mali parce que inégalement repartie.

Toutes choses qui engendrent des difficultés et des contraintes qui se résument à l’irrégularité du régime pluviométrique et hydrologique et, dès lors, du débit des fleuves et rivières ainsi que de la recharge annuelle des nappes, les difficultés de localisation des aquifères par rapport aux sites d’utilisation (le taux d’échec atteint parfois 30 %) et les faibles débits unitaires (moins de 5 m3/h pour la plupart des forages), le coût de l’exhaure et des ouvrages de retenue d’eau de surface qui est très élevé et l’exploitation coûteuse des eaux souterraines.

Compte tenu de ces facteurs, à ce jour, une quantité insignifiante des ressources en eau souterraine est utilisée pour l’irrigation. Les eaux souterraines servent surtout de source d’eau potable.

- Idrissa Sako

- Les Echos du 29 janvier 2009

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