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Amadou Konate Nouvel Horizon, 16/09/2009

Ecole malienne : Au bord de la dérive

mercredi 16 septembre 2009

Il est unanimement admis que l’école est le lieu par excellence de l’éducation, de formation, d’encadrement. Elle a pour vocation de façonner des hommes modèles. C’est pourquoi, dès le primaire, on enseigne l’éducation civique et morale où l’on remarque les vocables comme dignité, probité, honnêteté, solidarité, humilité, vertu, sagesse...

Aussi par mesure de prévoyance et de répression, on y a institué le conseil de discipline, la note de conduite. Cet organe déroute lorsque ses responsables qui sont les autorités, les parents, les enseignants et les apprenants eux-mêmes, ne s’assument pas comme il faut. Ainsi celui qui a actuellement une idée de l’école malienne n’a-t-il pas raison de se demander si elle n’est pas à la porte de la dérive ?

Depuis plus d’une décennie, l’école malienne suscite des questions auxquelles il n’ya point de réponses satisfaisantes. Cette situation persiste et semble s’empirer davantage. Les résutlats des examens sont de plus en plus médiocres.

Les rares cas de réussite sèment des inquiétudes lorsqu’on constate que les candidats passent en classe supérieure où ils obtiennent des diplômes avec des bagages intellectuels peu garnis. Mais cela ne doit pas étonner si nous considérons les conditions dans lesquelles se déroulent les choses.

Les uns et les autres ne vont plus à l’école pour avoir un métier, mais pour satisfaire des besoins financiers et charnels et en attendant de trouver mieux. C’est pourquoi, nous assistons à l’émergence du fainéantisme, de la corruption, du vagabondage sexuel.

Certains parents, avec la complicité des enseignants, achètent des sujets pour des enfants. Par cupidité, les enseignants ne rechignent pas à gonfler les notes des élèves. Si les parents procèdent ainsi, que dire de l’attitude des élèves qui oublient que le chemin de la réussite passe par celui du courage et l’effort et celle de ces filles qui vont jusqu’à proposer leur corps en échange des notes. Que peut-on dire des marabouts qui trompent les uns et les autres en leur proposant des bics et autres choses mystiques.

Et l’Etat ? A-t-il a oublié ses enfants ou cédé la planche aux particuliers ? Les écoles publiques ne semblent plus servir qu’à emmagasiner les enfants pour ensuite les envoyer dans la rue, comme des bétails destinés à l’abattoir.

Dans cette situation, l’école malienne suit-elle l’optique première des écoles ?

Amadou KONATE

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