Le ministre français de la coopération, Michel Roussin, a affirmé, mercredi 29 décembre, que la France " ne lâchera pas l’Afrique ", qui reste un partenaire privilégié malgré ses difficultés. Il a écarté _ pour le moment _ toute dévaluation du franc CFA, monnaie commune à quatorze pays de la zone franc, garantie par le Trésor français.
Dans un entretien accordé à l’AFP, M. Roussin a indiqué que la situation au Congo _ théâtre de violents affrontements entre la mouvance présidentielle et la coalition de l’opposition _ et le problème des Touaregs, qui affecte le Mali et le Niger, étaient actuellement les principaux sujets de préoccupation de Paris en Afrique subsaharienne. " Il n’y a plus d’armée nationale au Congo _ elle a éclaté en groupes ethniques, _ d’où les grands désordres actuels ", a-t-il dit, estimant " insupportable " que les six mille Français encore sur place " soient pris à partie ". " Nous ne sommes pas responsables de l’incapacité de l’Etat [congolais] ", a-t-il ajouté, demandant au président Pascal Lissouba de prendre les mesures nécessaires afin de faire la preuve de ses qualités de " dirigeant ". A propos des Touaregs, il a indiqué que la France et l’Algérie _ avec l’aide du Burkina-Faso _ allaient relancer leurs tentatives de médiation.
Au sujet de la situation économique et financière des pays de la zone franc, le ministre a précisé que " tous, à l’exception du Togo et du Congo, avaient repris contact avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale " sur les conseils de la France, qui les avait avertis, en septembre, qu’elle ne pourrait plus " boucher les trous " budgétaires sans accords avec les institutions de Bretton Woods. " Certains pays ont fait des efforts significatifs ", a-t-il estimé.
S’agissant des rumeurs sur une probable dévaluation en janvier 1994 du franc CFA _ lié au franc français par une parité fixe _, Michel Roussin a souligné que la décision appartenait aux Africains eux-mêmes, mais qu’il fallait que celle-ci soit " concertée et unanime ". Il a évalué à 11 milliards de francs la contre-valeur des billets CFA que la Banque de France n’a pas eu à échanger depuis la décision des pays africains concernés de mettre fin, en août, à la convertibilité de cette monnaie en dehors de la zone franc, à l’exception des transactions bancaires. Cette mesure avait été prise pour contrer la fuite des capitaux.