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Baba Dembélé Le Républicain, 06/11/2009

Crise du Nord - Sécurité et gouvernance : Pour la paix au Nord-Mali

vendredi 6 novembre 2009

Le Mali n’a pas officiellement de politique de sécurité et de protection civile. Il a encore celle du pompier qui consiste à éteindre le feu dès qu’il embrase une zone, notamment celle du Nord. Ce n’est donc pas étonnant que l’Etat manque souvent de boussole pour dérouter les rebelles ou tout simplement déloger des otages trimballés de grotte en grotte dans l’espace sahélo saharien.

Ces constats ont été confirmés, hier, au cours de la Table ronde sur la sécurité humaine et la gouvernance de la sécurité, organisée conjointement par le Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (Dcaf) et le programme Gouvernance partagée de la sécurité et de la paix (Pgpsp), à l’Hôtel Radisson Blu. La cérémonie était présidée par le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, en présence de plusieurs personnalités dont l’ancien Premier ministre, Modibo Kéita, facilitateur ; l’ancien ministre Zeïni Moulaye, coordonnateur national du Pgpsp ; le gouverneur du District de Bamako, Ibrahim Féfé koné, plusieurs officiers supérieurs des forces armées et de sécurité et des représentants de la société civile.

Pour le Pgpsp, ‘’ le contexte sécuritaire du Mali a longtemps été dominé par l’absence de cadre de référence de politique de sécurité, l’accroissement de la criminalité, l’apparition de nouvelles formes d’insécurité, la recrudescence de la violence au Nord, la faible capacité de riposte des services de sécurité et l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène sécuritaire. Pour faire face à cette situation, les autorités maliennes avaient organisé, en novembre 2005, à Bamako, les états généraux de la sécurité et de la paix au Mali…A l’issue de ces assises nationales, tenues à la suite d’un long processus participatif, le gouvernement avait fait le choix d’une nouvelle vision de la sécurité fondée sur la sécurité humaine. ‘’

C’est pourquoi Mme Mbaranga Gasarabwe, représentant résident du Pnud au Mali, a précisé que notre pays ‘’s’est engagé dans une refondation de sa politique sécuritaire en privilégiant la sécurité humaine intégrée dans une nouvelle gouvernance démocratique, décentralisée et transparente du pays. Cette refondation se caractérise, d’une part, par l’accent mis sur la prévention et d’autre part, par la reconnaissance et la responsabilité d’une pluralité d’acteurs à différents niveaux, pour une gouvernance partagée de la sécurité. Le gouvernement du Mali avait alors demandé l’appui et l’accompagnement des Nations Unies à travers le Pnud et d’autres partenaires au développement, dans la finalisation et la mise en œuvre de cette refondation.

Cette intervention visait trois objectifs principaux : appuyer l’élaboration et l’adoption de la nouvelle politique nationale de sécurité issue des états généraux de la sécurité et de la paix, appuyer la mise en œuvre de cette politique aux niveaux national et décentralisés ainsi que le programme d’actions qui en est issu, appuyer la construction d’une sécurité et d’une paix durables dans le Nord du Mali. ‘’ Elle a fait savoir que le concept de sécurité humaine au sens large affirme que la sécurité humaine, c’est être à l’abri du besoin et de la peur. Pour Jean- Jacques Gacond, chef adjoint des opérations Afrique et Moyen Orient pour le contrôle démocratique des forces armées (Dcaf), ‘’aujourd’hui, les liens entre la paix, la sécurité et le développement durable ont été clairement établis.

Or, la notion de sécurité est beaucoup plus large qu’il y a encore quelques années et va au-delà de la sécurité de l’Etat et de ses institutions, mais fait une large place à la notion de sécurité humaine, c’est-à-dire celle de tous les citoyennes et citoyens. ‘’ Il a ajouté que l’amélioration de la gouvernance et la réforme dans le domaine de la sécurité sont devenues d’une actualité évidente au cours de ces dernières années. Il a soutenu qu’elles sont toutes deux justifiées par la nécessité de faire en sorte que la gestion des affaires publiques soit transparente et conforme aux exigences des normes internationales.

Le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, a soutenu que la terminologie contrôle démocratique inspire, à première vue, méfiance parce qu’elle touche à un domaine considéré comme réservé de l’Etat, dans un monde où les règles de gouvernance sont à l’honneur, une telle perception ne s’inscrit plus dans la dynamique des conceptions actuelles de gestion transparente des affaires publiques. Les forces de défense, a-t-il dit, tout comme les forces de sécurité sont, certes, des domaines de souveraineté de l’Etat, mais elles demeurent des services publics de proximité et, en tant que tels, sont assujettis à un contrôle démocratique pour assurer transparence et équité.

Cela, a-t-il laissé entendre, ne compromet en rien la préservation du secret de la défense nationale. Il a fait observer que le contrôle citoyen doit s’assurer à travers la société civile qui constitue un contre pouvoir. Il a affirmé : ‘’les communications qui vont suivre sont d’intérêt stratégique, à un moment où la réforme du secteur de la sécurité va prendre corps dans nos Etats. ‘’ Il a ensuite fait remarquer qu’elles doivent susciter une large participation au débat afin que les recommandations puissent faire l’objet d’une véritable appropriation pour toutes les parties prenantes.

Baba Dembélé

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