C’est une des recommandations issues de l’atelier d’information et de sensibilisation des journalistes sur la problématique des conflits et la lutte contre le terrorisme.
L’espace culturel Tin Fadimata de Gao a abrité, du 18 au 22 août 2008, un atelier d’information et de sensibilisation de journalistes sur la problématique des conflits et la lutte contre le terrorisme. Plus d’une trentaine des journalistes venus de Bamako, de Tombouctou, de Gao et de Kidal ont pris part à cet atelier organisé par la Maison de la presse du Mali avec l’appui de l’ambassade du Canada au Mali.
La tenue de cet atelier constitue, selon l’ancienne ambassadrice du Canada au Mali Mme Isabelle Leroy, une victoire. Le souci de son pays était de permettre aux journalistes d’écrire des articles qui reflètent mieux la réalité sur le terrain. Le Canada, dira-t-elle, est très impliqué dans la recherche de la paix au Mali. ’’Les programmes et projets de développement financés par le Canada ne peuvent pas se réaliser sans une situation de paix durable’’, a-t-elle ajouté. Le Directeur de cabinet du gouverneur de Gao, Hamidou Traoré, a déclaré que la restauration de la paix et de la sécurité est un facteur de développement. Les participants ont eu droit à plusieurs exposés.
Dans son exposé sur ’’le rôle de la femme dans la prévention et la gestion des conflits : cas de Kidal’’, Mme Assory Aïcha Belco Maïga se dit convaincue que la femme constitue une force tranquille qui n’est pas mise en contribution dans la gestion et la prévention des conflits.
Tiégoum Boubèye Maïga, Directeur de publication de l’hebdomadaire ’’Nouvelle République’’ s’est beaucoup appesanti sur la collecte et le traitement de l’information en période de conflits, avec un accent particulier sur le traitement de la crise du nord dans la presse malienne. En temps de crise, l’information étant une arme redoutable pour les différents protagonistes, Tiégoum Boubèye Maïga a conseillé aux journalistes d’être prudents mais surtout d’être professionnels.
Moussa Souma Maïga a parlé dans son exposé de l’expérience malienne en matière de gestion des conflits. Selon lui, les rencontres communautaires de meilleure qualité peuvent contribuer à prévenir les conflits. ’’Le dialogue et la concertation demeurent le seul moyen pour arriver à une situation durable’’ a-t-il ajouté.
Pour Lansari Abdil Karim, expert en radio communautaire et en gestion des conflits, ’’les medias constituent le gardien de la paix et de la stabilité sociale’’. Le Directeur régional de la conversation de la nature de Kidal, Amewey Ag Sidi Ahmed et le directeur général de l’Agence du développement du Nord, Mohamed Ag Mahmoud ont respectivement traité les thèmes sur ’’la dégradation des ressources naturelles en zone sahélo - saharienne, l’influence de la sécheresse et de l’homme’’’, ’’les facteurs d’insécurité dans la région sahélo - saharienne’’ et ’’le règlement des conflits : cas du Mali’’.
Au terme de cinq jours de débats et d’échanges fructueux, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Il s’agit, entre autres, d’impliquer la société civile dans les différentes négociationS, développer les échanges entre les communautés du sud et du nord, surtout la couche juvénile, assurer la distribution des journaux dans les régions, mobiliser les femmes dans la gestion des conflits, mettre en place un mécanisme permanent de gestion et de prévention de conflits.
Le président de la Maison de la presse, Makan Koné, a souligné que les objectifs de cet atelier ont été atteints. Il a remercié l’ambassade du Canada mais aussi ses confrères qui ont effectué le déplacement.
Chiaka Doumbia
Le Challenger du 28 août 2008