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RomandieNews / AFP 19-12-09

Changement climatique au Mali : les animaux souffrent, les hommes aussi

samedi 19 décembre 2009

MENAKA (Mali) - Le maire de Ménaka, dans le nord du Mali, désigne du doigt un troupeau de boeufs : "Regardez, comment ils sont maigres. Il n’y a pas à manger pour eux ni à boire. La sécheresse cette année a été sévère. C’est dur pour les animaux et c’est dur pour les hommes".

"Il faut agir vite pour sauver le cheptel. Dans deux ou trois mois, ce sera trop tard", ajoute l’édile de Ménaka, Bayes Ag Mohamed.

Sa ville située à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako est l’une des communes les plus touchées par la sécheresse de cette année dans le nord du pays.

Dans la zone du cercle de Ménaka", qui s’étend sur plus de 80.000 km2, "c’est essentiellement grâce à l’élevage que nous vivons. La viande, le lait, la vente des bêtes...", explique Aroudeiny Ag Hamatou, maire de la commune rurale d’Anderamboukane.

Mais dans trois des cinq communes du cercle - Alata, Tidermène et Ménaka - il n’y a plus de pâturage pour les animaux.

Une paille jaunie par le soleil jonche les sols.

"Regardez ces bêtes : elles broutent la terre salée pour s’alimenter. Il n’y a rien d’autres", assure Zeyni Ag Rhissa, un élu de Tidermène, une localité située à 100 km au nord de Ménaka.

"Le réchauffement climatique, c’est ici, dans le désert qu’on en voit aussi les effets. Les animaux en souffrent, les hommes aussi. Chaque année, c’est de plus en plus difficile", ajoute-t-il.

A cause du manque de pâturage qui s’est aggravé cette saison, les bergers ont conduit les bêtes dans les communes de Anderamboukane et de Inékar, où il y a encore quelques touffes d’herbes.

Mais "la pression sur ces deux localités est telle que de nombreux éleveurs ont commencé par conduire les troupeaux vers le Niger voisin. Ce qui peut entraîner des disputes entre éleveurs et agriculteurs. Car ces derniers voient généralement leurs cultures détruites, ce qui entraîne des conflits sanglants", commente le maire de Ménaka.

"Les terres ne sont plus cultivables. Il n’y a pas d’eau, rien ne peut pousser", insiste Amoh Diallo, vice-président du "conseil de cercle de Ménaka".

Dans la région, à part quelques minuscules jardins potagers créés grâce à de rares mares permanentes, c’est le désert qui domine. "Non seulement il domine, mais il avance de plus en plus", insiste un notable.

Un document officiel élaboré par le Mali pour sa participation au sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique précise que "les deux tiers du territoire sont désertiques".

Or "près de trois Maliens sur quatre vivent directement ou indirectement du secteur agricole, soit un peu plus de 35% du Produit intérieur brut", poursuit le même document officiel, qui souligne que les pertes annuelles, dues à l’érosion des sols et à la déforestation, sont très importantes.

"Mais nous ne croisons pas les bras. Pour les terres, le Mali s’est engagé dans un processus structuré de gestion durable des terres", assurent les ministères maliens de l’environnement et de l’élevage.

"Pour les animaux, par exemple dans la zone de Ménaka, nous avons un projet d’appui à la sélection et à la multiplication d’une race locale de boeufs pour reconstituer le cheptel", précise aussi le document.

AFP / 19 décembre 2009

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