La surprenante hausse de la production kazakhe d’uranium a plombé les prix du minerai. Mais cette progression ne pourra se poursuivre et le marché devrait enregistrer des déficits en 2011 et 2012.
Le coup d’Etat au Niger n’a guère eu de conséquences sur le marché de l’uranium. Reflet de l’évolution des fondamentaux à court terme, le prix spot de la livre d’oxyde concentré (U3O8) continue en effet sa longue dégringolade depuis son pic à 136 dollars la livre de juin 2007. Remonté à 51,50 dollars en juin 2009, le prix de la livre d’oxyde était tombé à 40,50 dollars le 1 e mars, ayant encore perdu 1,25 dollars en une semaine, selon les chiffres publiés par le consultant.
Cette baisse des prix prolongée correspondait à une demande plus stable qu’attendue – l’augmentation de la consommation par les centrales nucléaires n’est pas encore visible – et surtout à une sensible hausse de l’offre tirée par le grand bond en avant de la production du Kazakhstan. Ce dernier a concrétisé en 2009 sa volonté affichée de devenir le numéro un mondial de l’uranium. Après trois années consécutives de hausses supérieures à 20% la production kazakhe a bondi l’an dernier de 60% pour culminer à 13 665 tonnes d’uranium. Le champion local de l’uranium, KazAtomProm, en a profité pour se hisser à la première place des sociétés productrices d’oxyde, devant le canadien Cameco et le français Areva.