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Le 26 Mars, 08/02/2010

Audition du Mali à Bruxelles : "Les accusations contre le Mali sont irrecevables"

mardi 9 février 2010

Mais, nombreux sont-ils aussi ceux qui ont oublié (ou qui ne savent pas), que cet homme a toujours soutenu la violence et les "rébellions".

A titre d’exemple, en 1994, alors qu’il était Président de la Commission de Développement et de la Coopération Europèenne, Kouchner, avait, au siège du parlement Europèen "convoqué" les autoriés maliennes et Nigériennes pour s’expliquer, face à ce qu’il avait appelé un "génocide contre les Touaregs".

Et, il envisait mÍme de faire adopter des sanctions économiques contre nos deux pays.

Face à l’irresponsabilité, seules les assemblées nationales du Mali et du Niger à travers les PrÈsidents de ces institutions avaient effectuÈ le déplacement.

Kouchner avait échoué dans son entreprise.

Nous vous proposons le récit à l’époque, du reporter du journal "Les Echos" (en stage au journal la libre Belgique) et qui avait assisté au cirque-organisé par le rebelle daltonien, Bernard Kouchner.

"Nous ne sommes ni Maliens, ni Nigèriens. Nous voulons seulement vous aider et nous vous aiderons parce que vous Ítes venus ici. Dans le processus de paix, le Niger est en avance et nous souhaitons que le Mali le rejoigne. N’oubliez pas les souffrances des populations exclues".

C’est par ces mots que le président de la Commission du Développement et de la Coopération EuropÈenne, Bernard Kouchner a clos l’audition du Mali et du Niger sur ce qu’on appelle ici en Europe, "la situation touarègue".

Prévue en effet du 19 au 21 décembre 1994, l’audition du Mali et du Niger, n’a duré que quatre heures d’horloge, en cet aprËs-midi glacial du 19 décembre au siège du parlement europèen ‡ Bruxelles.

Et, contrairement au programme établi par le président de la séance, Mr Kouchner mÍme la conférence de presse qui devait clore la premiËre étape de l’audition a été annulée car, journalistes et parlementaires europÈens ont été largement édifiés sur la "situation des Touarègues" qui semblait tant les préoccuper.

Il était en effet 15 h, quand les représentants touarËgues (une dizaine) enturbannés et mis dans leurs parures les plus originales prenaient place dans la salle d’audience prise, depuis quelques temps, d’assaut par une vingtaine de journalistes, notamment français.

Ali Nouhoum Diallo, président de l’AN du Mali, accompagné de deux autres députés, le représentant des Mfua Alhassane Ag Assadek et Mohamed Ag Ichrach repésentant de l’Arla (réfugié au Burkina Faso) Ètaient aussi présents.

Seul Zahabi du Fiaa était absent au rendez-vous et son fauteuil a vite été occupé par un journaliste errant.

"Je ne comprends pas la cause de son absence dira un membre de la commission de l’organisation de l’audition, car il a été invité."

Qu’importe, Bernard Kouchner venait d’ouvrir la séance, après avoir rappelé que chaque intervenant n’avait droit qu’à six minutes pour exposer "la situation touarègue".

Mais, d’abord dira-t-il, l’audition du Mali et du Niger n’a d’autre but que de montrer l’intérêt que porte le parlement europèen aux pays sous développés et son souci de participer aux processus de paix dans ces pays.

"La présente audition n’entre pas dans le cadre des urgences du parlement européen", dira Kouchner, avant de plaider la cause des Touarègues, "massacres en 1963, victimes de la sécheresses de 1973 et ayant perdu 9/10 de leurs animaux."

La parole est alors donnée au repésentant de la coordination des Mouvements de la résistance au Niger. Celui-ci, à la surprise gènérale des parlementaires europÈennes accusera d’abord les puissances europèennes d’être à l’origine du drame que vivent ses frères touarègues, haoussa et autres dans son pays pour ensuite exhorter le parlement europÈen à dépasser le stade des papiers et des discours pour agir sur le terrain car dira-t-il, il n’y a chez nous qu’un problème de développement. "Nous avons signé au Burkina Faso des accords avec le gouvernement nigÈrien et il ne reste plus qu’àles concrétiser. Cela d’ailleurs n’est possible qu’avec votre aide matérielle car le Niger, nous en sommes conscients, n’a pas les moyens.""Kouchner est injuste"

Des propos qui sont allés droit au cœur du représentant de l’Etat nigerien qui a rapidement clos le débat en se réjouissant de l’optimisme du représentant des Touarègues nigériens. L’audition du Niger a donc rapidement été close car les Touarègues de ce pays n’avaient mÍme pas un seul réfugié en Europe, présent dans la salle.

A présent, il fallait s’occuper du Mali pour lequel certains parlementaires français réservaient des constats indignants.

Mais, contrairement au cas du Niger où le président de la séance avait d’abord commencé par l’audition de la partie touarègue, Kouchner demandera à Ali N. Diallo, de présenter son exposé.

"Vous Ítes injuste monsieur le président de la séance, vous devez commencer comme dans le cas du Niger ‡ Ècouter d’abord les reprÈsentants des TouarËgues maliens et c’est ce que vous ferez parce que je ne parlerai qu’après".

La rÈaction du président de l’AN du Mali a alors amenÈ M. Kouchner à donner la parole à Alhassane Ag Assadek, représentant des Mfua.

Celui-ci, après avoir encouragé l’initiative du parlement europèen, mettra l’accent sur le seul combat des Mfua qui n’est autre que "la lutte contre l’exclusion, la répression sauvage, l’exil forcé des Touarègues, avant d’accuser le gouvernement malien de soutenir le Mouvement d’autodÈfense Gandha Koy qui ne serait autre que des officiers de l’année malienne et des cadres maliens.

Le représentant des Mfua accusera également l’opposition malienne d’utiliser l’armée et le MPGK pour des fins Èlectoralistes.

Les Mfua rappelleront également leur attachement au Pacte national et interpelleront le gouvernement malien pour son application.Autour enfin de Mohamed Ag Ichrach de l’Arla

Le rebelle réfugié au Burkina Faso, n’ira pas de main morte. " Le nettoyage ethnique continue au Mali. Le Mali d’aujourd’hui n’est pas un pays de droits. L’armÈe malienne exécute tous les jours un citoyen pour son appartenance ethnique. Ce qui se passe au Mali, n’est pas différent de ce qui se passe au Rwanda, à la différence qu’au Mali, il n’y a pas de prison. Nous demandons la crÈation d’une commission internationale d’enquÍte sur les massacres au Nord du Mali. Je dÈments également les propos du premier ministre malien quand il disait que Zahabi n’est pas suivi par les mouvements rebelles touarègues. Nous demandons une pression sur le gouvernement malien afin que les Touarègues soient dans leurs droits.

Face à ces propos scandaleux, le représentant des Mfua Alhassane Ag Assadek interviendra vigoureusement exprimant leur attachement au Pacte national, aux démarches du gouvernement malien et dira clairement que le terroriste Zahabi ne bénéficie pas de la solidarité des Mfua.Amnesty s’est dit trompé

C’est enfin au parlement malien de s’expliquer par la voix de Ali N. Diallo.

"Quand monsieur Kouchner nous parle des TouarËgues ayant perdu leurs animaux en 1973, nous lui apprenons qu’il y a au Mali, les peulh aussi qui sont éleveurs. Et dans leur cas, beaucoup s’étaient suicidés. Tous ceux qui veulent connaÓtre la réalité peuvent venir au Mali, car nous n’avons rien à cacher".

Après avoir brossé brillamment la situation dans le Nord du pays. Ali N. Diallo conclura en réponse à certains parlementaires franÁais ayant émis l’idée de création d’un Etat touareg, que le territoire Malien ne sera jamais reparti et demeurera un et un seul.

Quant à Ichrach, le président de l’AN du Mali lui demandera de regagner le pays car "vous Ítes un fuyard administratif et politique. Je vous rappelle que vous êtes conseiller au ministère des Finances".

Pour conclure enfin l’audition, le vice-président de la séance M. Vurs, un parlementaire français précisera : "On n’est pas devant un tribunal. Dire que le gouvernement malien procède à un génocide en nettoyant systématiquement une ethnie est un excès de langage qui est irrecevable. Il y a des Touarègues au gouvernement du Mali, il y en a au parlement malien et il y en a beaucoup à de hauts postes. La question touarègue au Mali est un problème Èconomique. Il s’agit de voir maintenant, quelle aide faut-il apporter au Mali."

Quant aux ONG travaillant au Mali ou ayant abandonné le pays, ils estimeront à l’unanimité, que c’est la mÍme rébellion touarègue qui leur pose de problème dans l’accomplissement de leur mission, notamment par des enlËvements de véhicules et par des sÈquestrations.

Amnesty International s’est dit de son côté avoir été trompé par des chiffres exagèrés (massacres) avancÈs par les Touarègues. (La presse française a fait Ètat de 350 000 tués) et le HCR s’est félicité de la disponibilité du gouvernement malien pour la réinstallation et rÈinsertion des réfugiés touaregs maliens.

Il était 19 h et Kouchner que le président de l’AN du Mali n’a cessé de rappeler à l’ordre pendant l’audition, conclura† : ´†Nous vous aiderons parce que vous Ítes venus ici. Le Niger est en avance dans le processus de paix. Nous souhaitons que le Mali rejoigne le Niger. Chaque conflit finit par une paix. Nous continuerons ‡ nous voir. Puisque tout a été clair, la conférence de presse n’est plus nécessaire.

"Rebelles touaregs" et parlementaires maliens se sont alors embrassés sous les flash et les lumières des cameramen.

Pendant ce temps, un parlementaire franÁais déclarait à des journalistes belges : ´ce que nous venons de faire, c’est une ingérence par l’argent dans les affaires intérieures des pays sous-développésBoubacar Sankaré

Envoyé spécial à Bruxelles

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