Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, participera t-il à la conférence ministérielle sur le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne qui s’ouvre demain mardi 16 mars à Alger ? C’est la question que l’on est en droit de se poser après tout le travail de sape mené par le gouvernement algérien pour empêcher la tenue à Bamako de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement initiée par le président Amadou Toumani Touré. Depuis 2008, ce projet peine à se concrétiser à cause du refus catégorique d’Alger d’y voir siéger le Royaume du Maroc (à cause du contentieux opposant les deux pays autour de la fantomatique "RASD") la CEDEAO (principalement le géant nigerian, bête noire de la diplomatie algérienne) la Libye et le Soudan, pays auxquels l’Algérie ne peut imposer ses diktats.
C’est pourquoi elle voudrait une conférence quadripartite avec ses voisins du sud : la Mauritanie, le Mali et le Niger, des Etats fragiles à qui elle peut faire signer n’importe quelle résolution, pourvu qu’elle préserve prioritairement ses propres intérêts.
Car, jusque-là, l’Algérie a démontré à suffisance qu’elle n’a cure des intérêts de ses voisins du sud en matière de sécurité.
S’agissant du Mali principalement, elle a toujours refusé non seulement de l’appuyer dans ses efforts pour combattre le banditisme armé dans la région de Kidal, mais pire, elle a constamment encouragé, soutenu le fléau quand elle ne le suscitait pas dans un dessein purement hégémonique. C’est ainsi qu’elle se dérobera, sous le fallacieux prétexte de la sauvegarde de sa "souverainété nationale" à son engagement de constituer, avec l’armée malienne, des patrouilles mixtes pour traquer les bandits armés et les trafiquants de tous poils dans l’espace frontalier entre nos deux pays. C’est ainsi également qu’elle s’abstiendra d’exercer le droit de poursuite que le Mali lui a concédé lorsque des terroristes ou d’autres groupes criminels - les preneurs d’otages et les trafiquants de drogues par exemple - commettent des actes repréhensibles sur son territoire.
La mauvaise foi algérienne a atteint l’absurde lorsque, profitant de la libération de quatre terroristes d’AQMI par la justice malienne, le 18 février, laquelle a permis de sauver la vie puis de libérer l’otage français Pierre Camatte, le 22 février 2010, Alger a rappelé son ambassadeur à Bamako, tout en orchestrant une campagne musclée pour mettre le Mali au ban de la communauté internationale pour collusion avec le terrorisme et les réseaux criminels, notamment les trafiquants de drogue.
Dans ce contexte marqué par le sabordage de la conférence d’ATT et le refroidissement des relations diplomatiques, on ne voit pas ce que Moctar Ouane, qui a reçu une invitation - convocation serait plus juste - du Ministère algérien des Affaires étrangères, peut-il bien aller chercher dans ce pays.
Une nouvelle humiliation après toutes les couleuvres que nos vrais faux amis algériens nous ont fait avaler ?
Saouti Labass HAIDARA