La libération du Français Pierre Camatte, enlevé au Mali et retenu par Al-Qaïda au Maghreb islamique, était conditionnée à la libération de quatre "militants" islamistes. Bamako a plié, ravivant les tensions avec l’Algérie et la Mauritanie qui jugent impardonnable la clémence de la justice malienne.
L’Algérie et la Mauritanie ont qualifié le procès de mascarade, avant de rappeler leurs ambassadeurs, pour la première fois depuis 1962. Pourtant, Moctar Ouane, le ministre malien des Affaires étrangères, l’affirme sans rire : c’est en toute indépendance que la justice malienne a, le 18 février, jugé et condamné les Algériens Mohamed Ben Ali et Tayeb Nail, ainsi que le Mauritanien Beib Ould Nafa et le Burkinabè Houdo Karifo. En clair, la clémence du verdict (les accusés ont pu quitter libres le tribunal) n’avait pas pour objectif de complaire à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui, en échange de la libération de l’otage français Pierre Camatte, exigeait celle de ses « quatre militants ».
Bref, rien ne va plus entre le Mali et ses voisins...