Il est assez étonnant de voir les titres des journaux intitulés « la drogue finance les mouvements terroristes », « les enlèvements d’occidentaux nouveau moyen de financement du jihad au Sahara » , dans une de mes analyses précédentes reprise sous forme d’article dans un journal de la place « comment l’Algérie a exporté sa sale guerre au Mali », titre qui ne reflète pas la réalité de l’écrit lui-même d’ailleurs, j’avais essayé de donner un éclairage, des pistes et une analyse de ce qu’on appelle actuellement AQMI en mettant en exergue quelques « anomalies » qui ont conduit la zone à la situation que nous vivons aujourd’hui.
Dans cet écrit, j’affirmais déjà que le mouvement AQMI n’a pas vocation à agir au Mali, son but ultime étant le Maghreb arabe dans lequel, ce mouvement essayera de s’installer dans les « cerveaux réceptifs » de son idéologie, si tant est qu’il y en a une. Pour cela il faut passer par ce que j’appellerai les « ventre mous » que sont la Mauritanie et le Sahara occidental, le Mali étant simplement un lieu de « préparation » à l’exemple des grottes afghanes.
S’il y a bien une victime dans cette affaire c’est bien le citoyen malien et le Mali en tant que nation et cela a plusieurs titres.
Le Nord du pays : Il est inutile de rappeler la mauvaise presse partiellement justifiée sur cette partie du pays identifiée comme zone de non droit, qui après avoir vécu le stress de rebellions successives et encore non résolues, sert maintenant de zone franche pour le transit de drogue, de clandestins et otages en tous genres au grand dam de sa population autochtone qui assiste impuissante à la guerre de clans et aux conflits d’intérêts divers et variés qui s’y déroulent.
La Nation malienne : dirigée par un régime qui a laissé la corruption gangréner toutes les couches administratives, militaires et judiciaires, au point que cela a permis à toute personne impliquée dans les marchandages, le trafic de s’implanter sous la protection bénite des hautes autorités qui non seulement deviennent partie prenante de « la mangeoire » mais aussi s’arrangent à préserver cet état de faits qui éclabousse déjà « la colline du pouvoir ».
Il n’est pas fausse accusation de dire aujourd’hui que le Mali est devenu l’eldorado de la mafia sous régionale, les iles caïmans du crime, la suisse de la drogue, mieux que le Plan de développement économique et Social (PDES) nous avons maintenant le PDNT (Plan de développement du Narco-Terrorisme) qui finance villas, 4x4 rutilants, prestige et campagnes.
Il est donc faux de dire que seul AQMI et les trafiquants profitent de cette manne financière qui produits des passeports en bonne et dû forme, organise des missions officielles d’escorte et d’exfiltration, tait les informations et la vérité, crée la division pour mieux perdre le citoyen lambda et crée une nation déboussolée qui cherche coute que coute une planche de salut.
Dans l’affaire « Pierre Camatte », pour un « régime démocratique » il est étonnant de voir comment les principes de base de la démocratie ont été bafoués. Dans n’importe quel pays démocratique au monde, une décision de libération d’une telle importance, l’assemblée nationale aurait été consultée, le sujet aurait été débattu et le peuple à travers ses honorables représentants aurait été consulté, mais que nenni ! Nous sommes au Mali le pays des milles et une nuits, où l’apprentissage de l’hypocrisie occidentale tant décriée est devenu modus operandi. Il suffit de dire désormais aux « partenaires », comme l’état l’a si bien compris, ce qu’ils veulent entendre pour débloquer les fonds et les appuis divers pendant que sur le terrain, les résultats son proches de zéro. Il est donc inutile d’en vouloir à la France qui à juste titre a suivi son credo, « ne laisser aucun de ses fils dans une telle situation ». C’est une leçon grandiose pour le Mali d’apprendre l’importance de ce qu’est la citoyenneté tous les jours bafouée au moindre coin de rue de Bamako et à l’intérieur du pays. La France a donc suivi ses intérêts et il ne faut pas se tromper « la junte » malienne a suivi les siens car pour une fois ils sont convergents.
Pierre Camatte libéré, tant mieux pour lui et le régime ne sera pas inquiété pour tout le reste, tel est le deal de Kouchner et ATT que beaucoup semblent ne pas comprendre. La dilapidation de l’état et le désarroi du citoyen moyen ont une longue vie devant eux.
Pendant ce temps, la Mauritanie et l’Algérie rappellent leurs ambassadeurs pour « consultation » il n’y a rien à craindre car la bénédiction urbi et orbi obtenue pour services rendus à une « nation amie » se monnaye en oubli, quelques soient les bruits des fauteuils diplomatiques à Alger et à Nouakchott, la messe est dite, le Mali (ATT) a choisi et le pire c’est qu’il a peut être raison !
A suivre….
Issaneansar@yahoo.fr