Areva organisera une inspection de ses sites d’exploitation d’uranium au Niger en vue de démontrer l’absence d’exposition radioactive de la population, a indiqué mercredi le groupe nucléaire français qui a été critiqué par Greenpeace.
Face à la "récurrence des accusations relatives à la dispersion de matériaux radiologiquement marqués", Areva confirme son projet "d’organiser d’ici fin 2010 une inspection générale des villes d’Arlit et Akokan", deux cités minières du nord-ouest du Niger, a affirmé à l’AFP une porte-parole du groupe à Paris.
"Cette étape devrait permettre de résoudre définitivement cette problématique et d’assurer l’absence d’exposition radiologique du public en lien avec des matériaux issus de l’activité minière uranifère", a ajouté Mme Patricia Marie.
L’inspection sera menée "sous la conduite d’une entité indépendante incluant la société civile et les autorités nigériennes", a-t-elle précisé.
L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace a récemment dénoncé les niveaux de radioactivité jugés trop élevés à Akokan.
"Des décennies d’exploitation minière uranifère ont créé un danger pour la population d’Akokan, un exemple typique de menace environnementale et sanitaire posée par l’industrie nucléaire", a estimé Greenpeace dans un récent communiqué.
Lors d’une visite fin novembre des mines d’uranium exploitées par Areva au Niger, l’organisation a "identifié des niveaux de radiation élevés dans les rues d’Akokan", selon le communiqué.
En réponse, Areva avait annoncé un "plan d’action" pour faire la lumière sur ces informations.
"Plusieurs étapes clefs ont d’ores et déjà été menées à terme : contrôle des mesures de Greenpeace, retrait des zones identifiées, ckeck up final en présence de la société civile et des autorités, mise en place d’un plan de déploiement d’actions à moyen terme permettant d’assurer l’absence d’impact radiologique", a indiqué mercredi la porte-parole d’Areva.
"S’il y a un plan d’action nous n’avons pas été associés à son élaboration. A Akokan, ils ont dégagé certains endroits, on a vu des engins travailler", a déclaré à l’AFP Alhacen Almoustapha, responsable de l’ONG de protection de l’environnement Aghir In’man, à Arlit.
M. Almoustapha, qui travaille également à la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), l’une des deux compagnies d’Areva à Arlit, a poursuivi : "Nous avions signalé depuis 2006 des endroits à risques qui n’ont toujours pas été décontaminés. Ce sont ces mêmes lieux que Greenpeace a indexés".
Craignant notamment des risques pour les populations civiles qui "par ignorance" récupèrent "bidons, ferrailles et textile issus des mines" pour s’en servir à la maison, il a appelé Areva à agir.
"Nous lançons un appel à Areva pour nous comprendre et entreprendre des opérations de décontamination, notamment de vastes opérations de récupération de matériels et objets contaminés que l’on retrouve dans les rues des cités minières".
(©AFP / 06 janvier 2010 19h52)