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Bruno Djito SEGBEDJI- L’Indépendant, 18/03/2010

35 partis politiques maliens soutiennent ATT et dénoncent l’impérialisme algérien

jeudi 18 mars 2010

Le Cadre National de Concertation des Partis politiques (CNCP), un regroupement de 35 formations politiques maliennes, est monté au créneau hier, pour tirer à boulets rouges sur le régime algérien qui "fait du mimétisme et de la gesticulation en rappelant son ambassadeur avec haine et inimitié, parce que le peuple malien a osé sauver la vie d’un innocent contre la libération d’hommes que la justice a condamnés et libérés après qu’ils eurent purgé leur peine". C’était à travers une déclaration à la presse qui a eu pour cadre la Maison de la Presse, sous la présidence du président du CNCP, Amadou Soulalé du parti FAMA, qui avait à ses côtés le vice-président, le Pr. Younous Hamèye Dicko du RDS et des représentants d’autres partis politiques.

Décidément, la tension diplomatique entre le Mali et ses voisins algérien et mauritanien ne finira pas de si tôt de défrayer la chronique. Le sujet a donné lieu à une "déclaration du Cadre National de Concertation des Partis politiques (CNCP)", hier à la Maison de la Presse.

Dans cette déclaration, lue par le président du CNCP, Amadou Soulalé, les 35 partis membres s’insurgent contre le climat d’insécurité qui sévit dans le Nord-Mali ; climat fait de prises d’otages, d’assassinats, de trafics de stupéfiants, etc.

Les pratiques "d’enlèvements d’otages étrangers que l’on vient garder et marchander sur notre territoire" ont été dénoncées avec la dernière vigueur par les acteurs politiques réunis au sein du CNCP. Et Amadou Soulalé et ses camarades de la classe politique malienne de poursuivre que, pour la première fois, un ressortissant français vivant au Mali a été pris en otage. Les ravisseurs exigeant ensuite la libération de leurs agents en prison au Mali contre la vie du Français, Pierre Camatte. Ces personnes, dont la libération était réclamée par AQMI, "ont été jugées et la justice les a libérées, car le temps fait en prison est équivalent à la peine fixée par le juge. Ainsi, la vie de Pierre Camatte a été sauvée.

Mais, certains pays frères ont immédiatement réagi en créant une tension diplomatique sans précédent dans la sous région en mettant en œuvre tout l’arsenal diplomatique connu ailleurs".

Cette tension diplomatique a été en effet créée surtout par l’Algérie et la Mauritanie : le rappel de leurs ambassadeurs respectifs accrédité à Bamako. En plus de cela, s’ajoutent des propos malveillants tenus contre le Mali et son président, les propos injurieux et discourtois relayés par la presse contre les autorités maliennes.

Pour les acteurs du CNCP qui n’ont pas eu le courage de désigner nommément le pays du président Abdelaziz Bouteflika, par ces actes, "on veut porter atteinte à la souveraineté du Mali. Notre pays doit désormais penser comme "on" le veut, décider comme "on" le désire, c’est le règne de la pensée unique". Et le CNCP de taper du poing sur la table : "c’est bien là une forme d’impérialisme à nos portes ! Aussi, vouloir se retirer des Accords signés, n’est-ce pas le signe d’une colère, d’une haine et d’un désir ardent d’isoler le Mali !"

En rappel, M. Soulalé a indiqué dans cette déclaration que, pour ceux qui se souviennent des années 1960, il faut rappeler que l’ancienne puissance colonisatrice a tenté de créer une ceinture d’isolation autour du Mali, qui était le seul dans la sous-région à soutenir la lutte de libération d’un pays frère qui, aujourd’hui, « fait du mimétisme et de la gesticulation en rappelant son ambassadeur avec haine et inimitié ». Cela, parce que le peuple malien a osé sauver la vie d’un innocent contre la libération d’hommes que la justice a condamnés et libérés après qu’ils aient purgé leur peine.

Les 35 partis politiques membres du CNCP se félicitent de la libération de Pierre Camatte, soutiennent fermement le président de la République et le félicitent pour la sagesse, l’humanisme dont il a fait montre au nom de l’intérêt supérieur du peuple, demandent à l’ensemble du peuple malien de se lever dans un élan de patriotisme et de solidarité pour manifester son soutien sans ambages au président ATT.

Le CNCP plaide également pour l’éradication totale et sans délai du terrorisme sur le sol malien à travers la tenue en urgence d’une rencontre nationale sur la sécurité au Mali, la convocation rapide d’une conférence sahélo-saharienne sur la lutte contre le terrorisme, l’insécurité inter et intra-frontalière et la gestion commune et concertée des frontières nationales.

Rappelant le contexte historique des rébellions au Nord-Mali, les ténors du CNCP indiquent qu’après le traitement de la rébellion par les différents présidents de la République, notamment grâce aux Accords de Tamanrasset, le Pacte national en 1992, la Flamme de la paix à Tombouctou en 1996 et les Accords d’Algérie en 2006, le pays allait trouver une paix durable.

Ce ne fut point le cas. "Alors que la nation luttait avec tous les moyens dont elle disposait contre une rébellion armée et meurtrière, des criminels et d’autres formes de crimes s’introduisaient, s’organisaient et s’installaient au Mali. C’est ainsi que les terroristes salafistes, venus d’ailleurs et transformés en AQMI, s’installent et opèrent sur le territoire malien".

Les responsables du CNCP ont par ailleurs pointé un doigt vers les réseaux de trafiquants de drogues qui écument le septentrion du pays. Pour eux, le récent scandale "d’Air cocaïne" dont l’avion, venu d’Amérique du Sud, a été retrouvé calciné à Tarkint, près de Bourem, laisse sans commentaire.

Bruno Djito SEGBEDJI

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